une loi sur le fait familial

Publié le par chervalin

Jean Pierre ROSENWEIG est un magistrat, juge pour enfant qui tient un blog à cette adresse:

http://jprosen.blog.lemonde.fr/

 

Inutile de vous dire que son blog est une mine d'informations et surtout que les réflexions de ce magistrat m'apparaissent d'une grande qualité. Il m'arrive de commettre un commentaire.

Dans un de ses textes sur le fait familial, j'avais retenu ce passage et je l'avais commenté. Hélas lorsque j'ai lancer mon commentaire ce passage ne s'est pas affiché, donnant à mon commentaire une approche décalée.

Du coup je vous le restitue ici

 

« Au-delà, n’est-il pas grand temps, en adoptant le statut des tiers qui traîne dans les tiroirs ministériels depuis 10 ans, de prendre en compte que 2 millions d’enfants sont élevés par un adulte qui n’est pas son parent biologique ? Pour cela il faut déjà admettre qu’affirmer les responsabilités du parent non biologique n’est pas un problème privé mais public justifiant que la loi pose le principe : tout enfant est en devoir d’obéir à l’adulte qui l’élève au quotidien et tout adulte est en devoir d’exercer les responsabilités lié aux actes de la vie courante concernant l’enfant avec lequel il vit. Cela suppose de ne pas opposer parents et beaux-parents, mais d’affirmer leur complémentarité. Seule la loi peut le faire pour tous, pas un contrat passé de devant notaire »

 

Et voici mon commentaire:

Faire un grand ministère confié à un premier ministre bis l’idée a déjà été entreprise et déqualifiée, délitée et ridiculisée pour celui de l’écologie.
Je suis réservé sur l’idée de légiférer sur le pouvoir offert aux beaux-parents.

(Les concubins faisant fonction de pères et mères)
Je pense que c’est au parent d’inviter son nouveau compagnon (sa nouvelle compagne) à venir prendre une place dans l’espace de vie de ses enfants et d’assumer ou pas, des responsabilités éducatives.
Il s’agit là de parole de la mère adressée à l’enfant vers la création d’un nouveau lien.
Légiférer serait dépouiller la mère de ce choix et de la valeur de cette parole.
Légiférer offre également un destin, un cadre, des obligations et une absence de choix automatique du beau parent qui n’a plus l’espace personnel pour construire ou non une relation.
C’est dire qu’il a un statut de fait et qu’il n’a plus la liberté de le construire ou de se l’approprier. Il n’a plus de chemin à parcourir vers l’autre.
L’enfant non plus d’ailleurs.
Je pense que c’est la seule prérogative de ce lien entre enfant et beau-père (belle-mère) que d’entrer dans une aventure, celle de la création d’une distance qui leur est personnelle, qu’ils vont eux-même ajuster et construire.
Et tant pis si l’enfant utilise des mots blessants à son encontre , l’adolescence venue.
Il n’est pas le seul à être la cible de ces flèches.
Je connais bon nombre de beaux-parents qui ont utilisé sa présence ou son existence pour règler leur comptes et leurs histoires personnelles sur leur dos.
Manipulateurs, confondant astucieusement conjugalité et parentalité, autorité et bouc émissaire aux fins de pouvoir et de contrôle de l’autre.
Je connais des beaux-parents accapareurs, voleurs d’affection, déqualifiant à loisir, les fonctions et rôles des parents naturels, envenimant la crise adolescente, et détruisant les images institutionnelles que véhicule la Loi du père.
Légiférer me fait peur par l’idée qu’au cœur de chaque famille se trouve lové un observateur de l’état.
Découvrant l’idée qu’une famille serait idéale et orthonormée.
Qu’un nouveau choix du compagnon (beau-père ou belle-mère) serait assujetti à un contrat écrit donnant prévalence à un statut qu’il n’aurait pas à créer mais qu’il lui adviendrait d’office.
Je ne défends pas la famille.

Je suis toujours agacé quand des personnes me disent qu’ils sont « très famille ».
Ben voyons.
Jusqu’à trop souvent, s’inscrire dans un climat incestuel.
Je pense très sincèrement qu’il manque de communications et de moyens financiers pour que se mettent en place de façon plus simple et comprise des espaces telles: la thérapie familiale, la médiation familiale ou des lieux ressources de paroles et de résolutions de conflits.
J’ai l’impression que demeure une peur d’aller se dire devant un tiers et que ce fait est trop réservé aux personnes ayant quelques moyens financier.
Et c’est regrettable.

 

 

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