Ballade pour Al'2

Avec lui nous avions créé le groupe musical "Les Sans Quartiers". Nous étons quatre et il n'était pas le moins joyeux.

 Il s'appelait Alain, nous l'avons surnommé Al'2.

 Avec lui, nous jouions des morceaux du folklore breton et des morceaux de variété française (Renaud, Brassens, Cabrel, Goldmann, Souchon, Le forestier etc) du blues américain, du rock tout ce qui nous tombait dans les oreilles enre deux mousses.

 A la fin de l'été 2002, il perdait la tête, la mémoire l'orientation, il a fait une chose extraordinaire, il a organisé ses obseques.

il est décédé d'une tumeur au cerveau.

Nous avons chanté, à sa demande, dans l'église, le jour de son enterrement, les trois chansons qu'il nous avait choisi et quil nous arrivait d'interprêter  ensemble. 

 L'épreuve émotionnelle fut difficile mais n'était rien au regard de son épouse à qui il laisse  4 enfants.

  

 

Ballade pour al’2                            

 

Des jours, des jours, je t’attendais,
Puis un soir, un rien distrait,
Tu me prenais dans tes bras
Pour 10 minutes, 2 heures quelle joie !

   
Tu ne m’avais pas donné de nom,
Comme le font tous ces jeunes cons,
J’accompagnais seulement ta vie,
Je n’étais pas ta chose, ta proie.

 

De tes tristesses ou de tes joies,
Je les vivais comme toi,
Tu me regardais étonné,
De ne pas être différent de toi.

 

Tes chansons étaient souvent belles,
Tu les vivais, tu m’oubliais,
Est-ce par crainte de mal faire,
Que tu éloignais ta main de moi ?

 

Tu m’emmenais chez tes amis,
Je sentais ta fébrilité,
Heureux toujours, coupable aussi,
Laisser ta femme, tes petits, ton toit.

 

Ces petits là ne se gênaient pas,
Pour me bousculer parfois,
Je savais bien, si je tombais
Que tu me prendrais dans tes bras.

 

Oui mais voilà depuis ce temps,
Où ne résonnent plus tes pas,
Je me sépare doucement de toi,
Recherchant l’écho de ta voix.

 

J’ai l’espoir de voir tes enfants,
Me gratter le ventre en chantant,
Car depuis que tu es parti,
Mon vieux complice, j’ai un peu froid.

 

Je veux te dire maintenant,
Que pour moi tu fus un géant,
Car je t’ai vu tisser chaque jour,
Un monde tendre autour de toi.

 

Mon pote al’2, tu as deviné,
Qui se cache dans cette histoire,
Ton amie d’ébène et d’érable,

6 cordes blanches.....Ta guitare

 

 

chervalin