la punition

Publié le par chervalin

Elle m'explique qu'il l'avait prévenu.

C'était un truc du genre: "je t'atteindrais à travers de tes enfants".

Elle s'en fichait car elle savait qu'il y avait toujours un décalage, une forme d'arrogance une lâcheté même entre ses paroles clamées, vipèrisées pourquoi pas et ses actes souvent vils et pernicieux.

Elle repris son mouchoir prête à juguler une nouvelle vague de sanglots.

Line pleurait.

Et je ne voyais pas comment endiguer toutes ces larmes.

Elle avait découvert assez tard que Bertrand, son époux était un con.

Un égocentré soucieux de sa bagnole, de sa braguette et de son jeunisme.

Elle ne supportait pas le jeunisme. L'idée de se déconnecter de son âge pour continuer à paraître, à se croire immuable, refusant de distinguer sur la peau les stigmates de la décadence et de la plongée vers l'âge avancé.

Il avait quoi le Bertrand, la petite quarantaine, mais c'était plus fort que lui, il fallait qu'il en paraisse 15 de moins. Monsieur s'attardait davantage dans les magasins de cosmétiques que dans les librairies.

C'est d'ailleurs dans une librairie qu'elle fit la rencontre de son grand brun souriant , naturel (lui) et profondément attirant.

Line est tombée amoureuse.

Le grand brun aussi.

Mais Line a trois enfants mais cela ne semble pas écorner l'attrait qu'ils ont l'un pour l'autre. Il serait d'accord pour les prendre avec elle, sa maison est bien assez grande.

Car le grand brun est riche, seul et généreux.

Les enfants ont 14, 12 et 6 ans.Tous issus de son union avec Bertrand.

Il y a surtout son petit dernier, Kevin. Un visage parfait d'angelot, un enfant magnifique, une peau veloutée et des yeux de prince.

Son chouchou et préféré bien sûr. Ses grandes sœurs fondaient aussi et elle était toujours dans le moins bien dès que Kevin n'était pas à portée de ses bras ou de ses lèvres.

Ce garçon, Bertrand ne l'avait jamais aimé. Trop collé à sa mère, trop délicat, trop féminin, trop gnagnou. La présence de cet enfant ternissait sa représentation. Il n'était pas regardé et apprécié lui, à sa juste valeur. Il l'avait toujours considéré comme un rival.

Kevin lui rendait bien son mépris car il ne mettait guère d'entrain à se précipiter dans ses bras.

Elle avait dépassé depuis longtemps la phase d'approche, lorsque ce con de Bertrand aperçu son épouse tenant dans la main ce beau brun en regardant devant eux le petit Kevin lancer un avion de papier.

Scène bucolique sur fond de tension dramatique.

Prise en flagrant délit.

Cris, séparation, divorce, menaces et combat pour la garde des enfants.

Il savait où l'atteindre.

Sa requête était nette: Elle pouvait garder les deux grandes, il s'occuperait du petit.

Déjà, il lui annonçait la cible.

Le juge ne la pas suivi et a confié la fratrie à Line.

Bertrand a décidé de la punir à sa manière.

Il lui a dit, un soir en venant chercher les enfants dans le cadre de son droit de visite et d'hébergement, qu'il la punirait.

Il attendrait une faille.

Line de son côté vivait heureuse auprès de son compagnon. Par ailleurs elle était plutôt satisfaite d'avoir éloigné aussi facilement ce faux-jeune et ses pommades anti-rides.

Il y eu cette épidémie de varicelle à l'école.

Kevin devait aller chez son père pour une longue semaine de vacances. Magnanime, il avait accepté que les deux grandes partent aux Etats Unis la totalité de ces vacances de pâques dans la famille de leur nouveau beau-père.

Line fit les recommandations, pour les boutons, pour éviter qu'il se gratte, pour l'exposition au soleil, pour la chaleur et plus de 10 fois elle failli repartir avec Kevin tant Bertrand se fichait bien de ce qu'elle recommandait.

- Ouai, on verra, tire toi, faut qu'on y aille l'avion ne va pas nous attendre.

Line pâlit. Où allait-il emmener son bébé tout couvert de petits boutons dont seuls la moitié était dans la phase de séchage.

- Je te rappelle qu'il a la varicelle

- Il n'est plus contagieux donc, c'est bon, je fais ce que je veux, tchao.

Quand elle a récupéré, Kevin, l'exposition au soleil des Canaries avait marqué à jamais son visage de cicatrices colorées et si nombreuses qu'il en était devenu laid.

La peau de son enfant si douce et soyeuse laissait la place à un visage comme martelé par un micro tampon coloré d'ocre.et de brun.

Ravagée. Une figure ravagée. Pas moins.

Elle ne put pousser de cri. Le son ne sortait pas. Tout son corps tremblait.

Son regard était bloqué sur le sourire de Bertrand.

Satisfait.

Elle enleva l'enfant et alla directement chez le médecin qui soupira en constatant les dégâts. Il ne chercha pas à la rassurer sur la disparition des cicatrices. Il était surtout en colère.

- C'est insensé, Madame, on dirait que vous l'avez fait exprès...les boutons...le soleil....la chaleur.....tss tss tss, un si bel enfant !!! tança le médecin.....Toutes ces cicatrices qu'il gardera peut être à vie......

Elle tenta de s'expliquer mais en vain, il ne la croyait pas.

C'est alors qu'elle comprit.

La punition.

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