Les crayons de couleur

Les crayons de couleur

 La belle époque où Le village des Chervans pouvait rivaliser avec ses consoeurs  (Megève, Courchevel, Saint Gervais et autres villages stations qui se sont développés après guerre) comme elles accrochées aux flans de la montagne.

 De grands hotels fleurissaient dans notre village et attiraient la bourgeoisie Parisienne.

 La famille Rottchild y fit escale mais (ou heureusement) élue domicile à Genève pour ses quartiers d'hiver, provocant le déploiement dynamique et commercial de sa vallée.

 Le village des Chervans fut progressivement désertée par cette bourgeoisie galopante et versatile.

 Quimporte, nous y vivons heureux et soucieux de maintenir un niveau de vie où chacun préserve un équilibre entre industrie, patrimoine et tourisme.

 On en laisse pour nos enfants.

 Voilà ce que disent les Chervans 

 

 

 Les crayons de couleurs  

    

Tiens, qu’est ce que vous faites là, MEGEVE, Saint GERVAIS,



Quoi ? Vous m’ reconnaissez pas, mais si !


On a dansé ensemble, il y a quelques années, 


C’était y a bien longtemps, on était bonnes copines


Bien sûr, nous avions eu des dizaines de conquêtes


Où l’argent coule à flot, des hôtels, de la fête


Des grandes dames, limousines,  toilettes et tralalas


Au son du charleston, ça rigolait pour nous trois. (bis)

 

 

 

J’étais pas bien jolie, je sentais l’décol’tage


Celle qu’on voit à peine, peut être un peu trop sage


J’étais trop accrochée aux saveurs de la terre


Aux légendes du passé, aux montagnards si fiers

 

Car si je suis restée à l’abri des regards


C’est pour mieux protéger une part de notre histoire


De paysans, d’ouvriers, qui eux n’ont pas cédé


Aux désirs des bourgeois et de leurs culs pincés. (bis)

 

 

 

Vous n’étiez pas de celles qui courraient les  paillettes


J’vous ai connu sauvages, comm’ moi, él’vant des bêtes


Vous les avez sacrifiés, en vendant toutes vos terres


Oui, vous avez lâché ce qu’avaient bâti vos pères

 

Et vous venez me voir, pour vendre à vos gogos


Un restant de terroir, une ruine, des hameaux


Car dans vos rues piétonnes, vos mémères à fourrures


Se lassent des salons d’thé et quémandent l’aventure.

 (bis)

 

 

Et vos enfants atterrés,  regardent s’installer


Les banquiers, les commerces, les intrigues de palais


Ils sont partis un soir, n’ayant plus de terrains


Tandis que vous refusiez de leur tenir la main ;

 

Mes enfants sont  heureux, fiers de leurs ancêtres


Qui ont su leurs garder des crayons de couleurs


Un bout de page blanche, un air gai dans la tête,


Afin qu’ils y dessinent, des images de bonheur. (bis)

 

 

 

Ils sont partis un soir, n’ayant plus de terrains


Tandis que vous refusiez de leur tenir la main ;

 

La chanson est inspirée de la chanson de BENABAR: "Je ne suis pas de celles"

 

Chervalin