La mangeoire

Publié le par chervalin

http://s3.amazonaws.com/hellotipi/198853M?AWSAccessKeyId=15QS77TRSCPA23ERN702&Expires=1333352143&Signature=spQSXDZtTXkwIDTGGYlwkvqwNrc%3DIl y a dans les inter-relations conjugales, une place importante laissée aux interrogations et à la fascination de ce qu'est en train de faire ou dire l'autre sur nous.

Car celui (ou celle) là, que nous avons choisi pour quelque chose qui nous échappe mais qui ressemble bien à de la complètude , se transforme doucement en partenaire obligé dont nous devenons doucement assujeti.

 

Je retrouve dans la majorité des couples, que j'ai à prendre en considération, un jeu commun qui part avec la mise en place d'un appareil séducteur pour se terminer, non pas par une séparation, (ce qui serait souhaitable) mais par une relation qu'alimentent des combats souterrains.

 

L'égo ou l'image de soi y prennent tout leur poids et le combat perdure et s'étaye  bien souvent  sur la peur de perdre quelque chose de soi. Nous avons besoin de l'autre, alors, pour réactualiser cette image et pour ce, il nous faut le maîtriser quitte à ne plus prendre en compte ce qu'il pense et ce qu'il fait.

 

J'appelle cela la phagocitation.

 

Je l'entoure en le séduisant, je l'enferme doucement dans une organisation dont le but est d'affirmer mon exisitence,  je soumets l'autre à ma pensée en déqualifiant la sienne, cette déstabilisation crée un doute et un sentiment de culpabilité et enfin je mange l'autre pour nourrir mon existence.

 

Manger j'en ai besoin, donc, il est vital que je grignotte, que je n'avale pas tout.

Si mon repas s'éloigne et disparaît, je ne pourrais plus me nourrir de l'autre et risque de m'affamer.

Il me faut alors  maintenir la relation et désorganiser son système de pensées.

De pensées sur moi.

 

Il s'agit là de perversion narcissiques ou de manipulations.

C'est à cela que servent les bouquets de fleurs parfois ou les voyages à Venise.

L'autre ne sait plus que penser.

 

Non par naîveté ou bêtise, mais parce qu'il n'a plus de repères, tant il doute de lui et de sa pensée.

 

C'est ce que me décrit, Juliette.

 

Elle ne sait plus ce qu'elle doit penser de ce mari Médecin, qui ne cesse de l'appeler pour la ramener vers lui, pour lui dire que lui seul la connaît, sait mieux que quiconque soigner ses enfants, qu'elle n'arrivera pas à vivre financièrement sans lui car elle n'a jamais travaillée, que cette giffle (une de plus) était une conséquence de son énervement bien compréhensible car elle n'arrive pas à calmer le bruit que font les enfants.

Et puis, il y a ces bouquets de fleurs qu'il ne cesse de lui faire parvenir.

Juliette aime bien les fleurs.

 

Sa mère tente de la soutenir et elle ne fait que la ramener dans la mangoire.

- Comprend, ma chérie, il a un métier si dur. Et il a bien soigné ton père. Et puis, que vas-tu faire toute seule, les loyers sont chers par-ici. Moi aussi, j'ai du endurer avec ton père, c'est rien que du passé après.Moi, j'srais toi.......

Aux dernières nouvelles, Juliette était toujours dans un appartement relais.

Elle continuait à douter mais commençait à s'interroger sur le fait qu'il n'avait toujours pas versé le moindre centime pour l'aider à prendre en charge ses enfants et ce malgré l'ordonnance; mais par contre pas mal dans les bouquets de fleurs. Ce'la ne se mange pas des fleurs......

 

Sauf une.....

Elle !

 

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