mes anniversaires

Publié le par chervalin

La nouvelle année !

Trop bien

Déjà que l'on sortait à peine de noel, où faut-il le reconnaître je fus toujours à chaque fois, gaté et heureux, mais là on attaquait la nouvelle année.

 

Non mais vraiment trop bien.

 

Pas du tout pour les voeux pieux et autres résolutions définitives, mais parce qu'à cette époque , ô combien bénie, Dieu fait bien les choses tout de même, quoiqu'en pensent les communistes, ...je prie mon envol dans la vie.

Et chaque début d'année ça revenait.

 

 Trop bien.

Cette bénite, disais je période, était celle qui faisait coïncider la date de ma naissance (le 13 janvier pour les novices) avec le tour de la famille pour souhaiter les voeux et pour couronner le tout : la galette des rois.

 

Non, trop bien, j'vous dis!

Hé hop, à peine le premier de l'an franchi, nous partions chez  chez mémère , où ne manquait pas d'apparaître la tante Monique 

-OOh qu'il a bien grandi ce garçon, mais quel âge cela te fait mon grand ?

Et mam de répondre:

-Bah , c'est son anniversaire dans 6 jours, il va sur ses 7 ans et..

-Oh là là, ça se fête

-Justement on a apporté une galette des rois

Et toc, une part de galette où, comme par hasard, j'avais la fève et cette crétine de couronne , ou bien j'avais des étrennes.

 

Trop bien !

Demain on va chez la tante Pierrette!

-Ah c'est sûr, il m'en fait voir, Hé ben il va sur ses 8 ans...etc

Et après demain, chez Michel et samedi chez les Bo......,

-yes !

- C'est qu' il va sur ses 10 ans..et ma pauvre......

Dimanche on mange chez mémère et il y aura Colette,

Re (yes, yes)

Mardi on reçois ta marraine;

-Oh mais c'est qu'il va sur ses 11ans....uns so witer !

 

Ah ça pour y aller,  j'y allais.

 C'est peut être la raison qui m'a fait opter pour l'athlétisme?

 J'avais pas le temps d'être, il fallait que j'y ailles. Et en courant, mam aurait fait un sacré entraîneur:

- Va vite chez Marthe, me chercher ....

- Va vite te laver!

- Va me mettre tes chaussons, que je viens de cirer , ouste !

Avec elle je n'avais pas 8 ans , j'allais sur mes 9 ans. C'était quasiment fait. C'était une question de jours. 

Pas le temps d'intégrer le chiffre 8, de s'en faire une idée, de bien se l'arrondir dans la tête, d'imaginer ce que mon cerveau allait mettre en place pour faire le deuil de ce 7 pète sec, de l'habituer progressivement à cette cohabitation passagère avec ce  bedonnant 8, grassouillet qui allait prendre beaucoup de place.

Non j'allais sur mes 9 ans point barre.

 

 On ne fêtait pas l'acquis, on honorait l'entrée.

 

On ne s'attardait pas sur le passé, on filait dans l'avenir.

 

C'est la théorie de "Bon ça c'est fait" pris dans la perspective et l'inexorabilité du temps.

 

On fait fi des bilans et autres constats, on avance et l'intendance suivra.

Il va vers ses 10 ans. Cela a un coté  "allez, on s'arrête pas les gars, on fera une pause plus loin". 

Sauf qu'avec Mam, il n'y a pas de pause plus loin!

C'était automatique, au détour de mes anniversaires le public stupéfait entendait : "il va vers ses "x" ans."

En ce moment je suis sûr qu'elle fait la même chose et déclare, "Il va sur sa retraite"

Tu penses. 

 

J'étais pas en Cm1, j'allais entrer en cm2, je ne devais pas chercher un camembert et une boite de petits pois chez Marthe, je devais les ramener; je devais pas me coucher, mais je devais me lever tôt demain matin, et ainsi de suite....

 

Moi, ça me grandissait du coup, je m'en plaignais pas de cette dynamique, surtout si je pouvais battre mon record de fèves. La galette en plus offrait cela, un jeu.

Le jeu ,constituait à se cacher sous la table pour désigner qui aurait la part . C'était vachement bien . puis, comme vous le savez tous, à hériter de la fève.

Dans ce jeu là, on hérite ! On gagne pas, on hérite de la fève .

Va comprendre !

Bon là je suis arrivé à un âge où la galette vient immédiatement se loger dans les replis déjà bien arrondis par d'autres trucs, (j'ignore totalement quoi!)

et je pense que doucement je vais hériter de la retraite.

en attendant la couronne....

 

Tiens; si j'ai la fève je vous l'offre parce que moi me trimballer avec une courronne, j'vois pas trop.

 

 

Publié dans ballade en famille

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Corinne 11/01/2013 07:52

J'adore ! Comme c'est bon ces souvenirs ! J'aimais pas toujours embrasser les tantes aux étrennes, certaines piquaient du menton, mais ça valait la peine pour la pièce de cinq francs ^^
J'ai une amie dont le mari est pharmacien, elle travaillait avec lui et un jour elle a oublié d'enlever sa couronne et a servi comme ça les clients ^^
Amicalement

cat 10/01/2013 14:16

l'essentiel est que la fève ne se soit jamais coincée bêtement là où elle ne devrait pas .. quand à la couronne, parfois il suffit de savoir que nous en portons une virtuelle pour se sentir
soudainement le roi ou la reine des .. je vous laisse la suite à votre appréciation :-), j'avoue que perso je l'arbore fièrement ..