le Patro

Publié le par chervalin

Les jeudis, on allait au patro.

Comment ça jeudi ?

 

Bah oui , jeudi !

 

Je dis jeudi car à cette époque le mercredi libre pour les enfants était le Jeudi. Je te rappelle aussi que nous avions école le samedi toute la journée. (L'après midi, tous les 15 jours, il y avait cinéma ou marionnettes ou chezpuquoi)

 

Un jour, ils ont rectifié tout ça, mis le mercredi à la place du jeudi et nous ont libéré le samedi après midi.

 

Donc, disais-je avant que tu je  m'interrompes, le jeudi ont allait au Patro.

 

Patro veut dire patronage laïque municipal.

Mais c'est long à dire quand tu as 9 ans.

 

C'était pas le top car l'encadrement était peu formé et très inconstant.

Certains monos s'intéressaient à nous d'autre faisaient de la garderie.

Hors le paradoxe c'est qu'on aimait les deux.

 Etre pris en charge dans des activités (sportives, jeux, sorties, etc) et être peinards à se débrouiller entre nous pour faire ce qu'on voulait.

 

J'ai le souvenir de super "gendarmes et voleurs" dans le grand espace jouxtant l'école du Petit Nant, de parties de billes interminables et de jeux avec les filles comme la marelle, la corde ou des petites balles qu'elles lançaient sur un mur en faisant des pirouettes.

 

A cette période de la vie tu restes généralement avec les garçons. (J'avais entre 7 et 10 ans), de plus à l'école Voltaire, il n' avait pas de mixité.

Nous étions reclus dans l'école de garçons point barre.

 

Mais au patro, big mélange.

 

Au patro il y avait plusieurs temps dans ta journée.

 

Tu partais pour ton point de rassemblement avec ton 4heures dans le petit sac.

Ton sac, n'était pas un sac à dos, mais plutôt un balluchon avec un cordon dont un morceau était plus long pour le passer sur l'épaule.

 

Tu embarquais ta gourde, ton pain, tes billes, ou une petite voiture, un Kway, et ta pièce de 5 francs.

 

Le rassemblement se faisait dans la cour de l'école des filles à Voltaire (Tiens on en parlait justement).

 

Tu avais le sentiment d'être un étranger dans cette cour.

 

T'étais chez elles.

La cour était totalement symétrique de celle des garçons mais pour des raisons étranges, elle semblait différente. Plus féminine. Alors que c'était les mêmes arbres, le même goudron, le même trottoir le long du bâtiment et le même préau.

Tu restais tout chose.

 

Du coup, tu allais voir au fond de la cour, près du mur séparant la cour des garçons, comment ça faisait de voir ta cour depuis celle des filles.

Et y avait pas, c'était bien mieux chez nous.

Va comprendre.

 

Le rassemblement consiste à attendre que le car vienne chercher le petit groupe constitué (d'environ une quinzaine).

Et là on jouait à des jeux de filles, bah oui, on était dans leur cour alors on en profitait.

C'était pas possible de faire cela dans la cour des garçons à côté.

(ronde, chandelle, épervier et autre) et ça peux durer pendant une bonne heure.

 

Deuxième temps, Le car se pointe et te promène pendant un moment pour effectuer le tour des lieux  où attendent d'autres enfants.

Direction les petites baraques en bois de l'organisation, tenue par une petite bonne femme que personne n'aimait et là tu attendais la constitution des groupes.

Ton moniteur, ou pas  car parfois, c'était plutôt l'impro et la garderie.

Jeux, retrouvailles entre potes, échanges de billes ou autres, parties d'osselets, de foot, de balle au priso etc..;  

 

Troisième temps c'était la cantine.

 

On disait la cantoche.

On allait pas déjeuner ou manger, on allait becqueter.

 

Là, c'était redoutable. A te dégoûter de l'idée de manger. Insupportable par le bruit....... Qu'il ne fallait pas faire !!!

 

Pas le droit de te lever de chahuter, de parler fort, de rire, de ne pas manger, de renverser, de gâcher, de manger trop de pain....

Pour l'exemple on risquait d'aller sur le banc des punis debout devant tout le monde les mains sur la tête.

 

Et savez vous pourquoi ?

Pour que ces messieux-dames les monos déjeunent en paix.

 

C'était miracle si on tombait sur un mono sympa, avec qui on pouvait faire des trucs un peu rigolo.

 

Troisième temps : bah la sortie (En forêt) quand il y en avait ou les grands jeux organisés par équipes la plupart du temps.

j'aimais bien.

 

Là, c'était plutôt le coté chouette qui rattrapait de la cantine angoissante.

 

Quatrième temps : Le retour "Rassemblement" Qu'est ce qu'on a pu l'entendre ce "Rassemblement" synonyme d'attente, au soleil, la gourde vide et les consignes à écouter debout ou assis par terre sans trop bouger.

Puis le retour en car vers ton école après le comptage et la vérification des noms.

 

Ma mère ne comprenait pas pourquoi je me montrait réticent à y aller.

Surtout les jours de pluie où nous restions des heures dans des baraques à ne rien faire.

- Au moins tu seras à ne rien faire avec d'autres, plutôt qu'à ne rien faire tout seul.

C'était plutôt convainquant comme argument.

Elle savait que je ne m'ennuyais pas vraiment. Je pesais le pour et le contre.

C'est à ce genre d'expériences qu'on apprend malgré soi, à saisir que le monde, les gens, les stuctures, les adultes, le cadre sont imparfaits et qu'on doit s'adapter à ces imperfections.

 

 

Publié dans ballade en famille

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Bé@ 02/04/2012 20:31

Ca a l'air amusant. Merci pour les précisions et à bientôt.

chervalin 02/04/2012 21:35



il y a un jeu fabuleux, qui s'appelait l'indien rapide.


cela se joue en foret


Un meneur de jeu se colle à un arbre et compte jusqu'à 20. Les autres touchent l'arbre puis au top vont se cacher complètement.


à 20 le meneur de jeu se retourne et regarde pendant 10 secondes s'il distingue quelqu'un. Au bout de ce temps tous ceux qui n'ont pas été vus reviennent toucher l'arbre et on recommence mais à
19 puis 18 etc.


Il s'agit de ne pas aller loin mais de dénicher la bonne planque la plus proche afin d'y être en quatre ou cinq secondes.


trop bien.


Mais à force de se jeter dans les fourrés, on revient dans un état pitoyable.



Bé@ 02/04/2012 19:34

La gamolle et la thèque, je ne connais pas. Peut-être nous raconteras-tu un jour...
Bonne soirée.

chervalin 02/04/2012 20:02



bon alors la gamolle (ou gamelle)


tu poses une gamelle sur un espace de terrain et tu désignes un gardien.


Les autres partent se planquer et doivent tenter de dégommer la gamolle d'un coup de pied sans se faire voir par le gardien.


et voir cela suffit donc ce n'est pas simple et demande donc un peu de stratégie pour attirer le regard du gardien dans une direction.


La thèque.  C'est comme le base ball américain mais simplifié.


 



Bé@ 01/04/2012 17:19

J'imagine que si tu as des enfants, tu ne les envoie pas dans des centres de loisirs à présent.
Pour ma part, j'ai eu les jeudis où je restai en pension chez les bonnes soeurs. On ne faisait rien de particulier à part des balades et jouer à la poupée dans la salle de jeux et souvent j'allais
chez le dentiste (il fallait prendre le train). Lorsqu'on est passé aux mercredis, je n'étais plus que 1/2 pensionnaire, dans la même ville que mes parents et mes frères, et j'avais le bonheur de
rentrer chez moi pour des cours particuliers après la cathéchèse.
C'est amusant comme un texte comme le tien peut faire remonter de souvenirs...
Bonne soirée et merci pour cette remontée dans le temps.

chervalin 01/04/2012 18:22



merci Bé@


non, ils ne sont pas allés au "patro"


Ils ont tous fait une ou deux activités sportive ou artistique


Mais, je ne fais que conseiller aux parents d'inscrire les enfants dans les centres aérés.


Il est vrai que les animations ont bien changé et que les "monos" sont maintenant des animateurs formés et diplômés".


Mais les parents me confient leur désarroi de ne pouvoir les motiver tant, les jeux électroniques sur les play machins et internet leur proposent des activités autrement plus intéressantes
que le Béret, la balle au priso, la chandelle, les gendarmes et les voleurs, la déli délo, la gamolle, l'épervier, la thèque, et j'en passe.



Corinne 28/03/2012 16:23

J'ai pas connu le patro, mais les jeudis oui, je ne me rappelle plus pour les samedi ! J'allais au cathé, à l'époque je gobais tout et j'avais rudement peur de faire des péchés graves du style
"mentir, être méchante avec mes petites soeurs ^^. Même plus que je rentre dans une église à présent, si ce n'est pour la visiter et encore ....... Le jeudi souvent je jouais dans l'impasse
derrière chez moi, avec filles et garçons, aux cow-boy et aux indiens avec mes longs cheveux noirs j'étais une indienne (c'est drôle hier soir alors que j'allais me coucher, sans bruit, je me suis
dit que ma marche silencieuse venait de mes jeux d'enfant quand j'étais une apache ^^ Oui ! hier soir...). Tu as connu ce que l'on appelait chez nous les "colle dos" ? Des boules de je ne sais
quelle herbe qui se collaient sur les vêtements lorsqu'on les lançait et dans les cheveux aussi d'ailleurs !
Et bien me voilà plongée à nouveau dans l'enfance grâce à toi ! MERCI
Corinne

chervalin 28/03/2012 16:41



les colle dos, nous on les appelait:


Les grattes-culs


 c'est moins élégant mais tellement plus rigolo.