Rouler à coffre ouvert

Publié le par chervalin

Je crois que je vieillis.

Je supporte de moins en moins les automobilistes qui me suivent de près.

Ils sont tous à vouloir me rattraper et se mettre juste derrière à quelques mètres.

A m'indiquer que je lambine, que je ne vais pas assez vite à leur goût.

Que je ne sais pas conduire du moins pas aussi bien qu'eux.

Ils cherchent à me pousser, à me contrôler, à  m'obliger.

Ils arrivent seulement à m'énerver.

Ce sont les mêmes qui revendiquent que la voiture c'est la  liberté.

Pour eux, par pour les autres certainement.

Au début je me disais, qu'ils étaient tout simplement immatures et qu'ils jouaient à être le premier.

 

Maintenant je m'interroge sur autre chose.

Est-ce l'instinct grégaire qui les attire vers la voiture qui les précède ?

 

Pourquoi ont-ils peur de rouler seul ?

Pourquoi leur faut-il, à tout prix, réduire cette distance qui les sépare de l'autre ?

Pourquoi venir à tout prix se coller et impressionner l'autre par sa présence envahissante ?

Pourquoi se cachent-ils derrière leurs phares aveuglants à trois mètres de nous ?

Ils étaient malheureux et tristes lorsqu'ils étaient 100 mètres plus loin ?

 

 

Faites l'expérience ( vous verrez cela marche)

Vous roulez normalement, à une allure adaptée au code de la route, vous ne traînez pas, et même vous êtes un peu au dessus de la limite.

Vous êtes tranquille peinard et vous distinguez dans le rétro un véhicule autotracté qui s'annonce.

Il fonce sur vous et se plante derrière vous.

Ses phares vous agacent la vue et sa présence devient vite angoissante car si vous freinez brusquement, ce crétin vous rentre dedans.

Vous dites, il est peut être pressé, il a une urgence, il a oublié le sel, je sais pas, un truc important.

Alors......... magnanime........., vous le laisser passer en  adoptant la  zen attitude.

C'est alors que vous constatez que le tomobiliste en question se pose devant vous et n'avance du coup, pas plus vite que vous.

 

En fait ce qu'il voulait, c' est être devant vous.

Là. Pile devant. Pas plus. Pas trop loin. Au près. Soulagés.

 

Une personne m'a raconté qu'il était vraiment collé de près par un crétinmobile sur une route où il n'était pas possible de doubler . Il s'est arrêté et à ouvert son coffre en proposant à la personne de monter sa voiture dedans.

L'autre l'a regardé déconfit et ne saississait pas trop ce qui se passait.

 Alors, il a continué de rouler avec son coffre ouvert, en se disant que cet abruti pourrait bien être capable de grimper dedans..  

C'est presque ça.

 

Je n'y connais rien en auto-école, mais si je peux me permettre, il manque un apprentissage:

l'altérité.

 

 

Publié dans agacements

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Polyâme Houleuse 21/12/2011 13:03

Ah oui ! J'en ai fait l'expérience pas plus tard qu'hier encore, sauf que crétinbiliste après m'avoir doubléé a accéléré, roulé comme un dingue, sur une route de nuit où les sangliers se promènent
souvent sans regarder avant de traverser, entre autre.
La question est : pourquoi ce désir de proximité avec une autre voiture...? Je ne peux pas m'empécher de faire le rapprochement de la voiture avec le corps... et donc, le désir de transgression, du
corps de la route..

chervalin 23/12/2011 16:18



ouahou!!! Alors ce serait ça. Une histoire de désir, de rapprochement.


Pourquoi pas .


Je souhaiterais qu'un inventeur crée un système empêchant les tomobilistes de coller.


Genre un gadget de type James bond. Qui pulvériserait façon miettes les étourdis qui  lècheraient de trop près mon coffre arrière.  



Labaronne 19/12/2011 06:57

voilà qui est excellent et merci pour ce sourire matinal - effectivement nous avons tous constaté ça, perso quand ça se produit je donne quelques petits coups de freins et là le mec derrière il
décolle, car s'il me rentre dedans c'est pour sa pomme