Quand la vie s'enrêve

Publié le par chervalin

Il y a des jours où elle pensait que son père était un dieu.
Elle révait d'être une déesse.
Pour le rejoindre.
Alors elle s'enrêvait doucement chaque soir pour s'aider à fabriquer les échelles multicolores pour voir tout là haut comment pétillait le monde adulte.
Lucie à grandi.
Sans jamais oser se séparer de cette icone incontournable tant pour la famille que pour les très hautes responsabilités que ce dieu occupait dans la cité.
Elle n'a pas vu passer son adolescence et continuait à s'enrêver.
Hélas en cours aussi et le dernier conseil de classe n'a guère été tendre avec elle et ils ont proposé une orientation vers un  bac pro.
Un gachis avec un père si brillant et si haut placé.
Quelle déception murmuraient les prochéléléchesculs.
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Qu'importe, Lucie  en quête d'images, se lance dans la photographie.
5 ans plus tard, son diplôme en poche, en voyage, elle fera la rencontre du l'âme frère.
Beau gosse, insignifiant, atone et corvéable, inculte et inerte..
Juste ce qu'il faut pour faire réagir ce père innaccessible.
Faire en sorte qu'il se penche vers elle, s'intéresse et la guide comme il sait guider les autres.
 
Mais non. Pas mieux. Toujours en déplacement avec les autres.
 
Alors Lucie tente de pousser le bouchon un peu plus loin.
Elle va faire un enfant.
Pas pour elle.
Pas pour donner un sens ou un projet  à sa vie de couple, bien insignifiante et banale.
Une offrande pour attirer la bienveillance et l' attention du dieu.. 
 
Mais non. Pas mieux. Content d'être grand-père certes.
Mais ni colère, ni explosion de joie ou d'intérêt.
 
Alors Lucie tente de pousser le bouchon un peu plus loin.
L' héroïne qu'elle s'injecte depuis quelques temps la torture de plus en plus. Son corps et son cerveau saturent et elle glisse lentement dans une personnalité bipolaire.
Elle perd ses repères se coupe du monde social et et s'enfuie de plus en plus souvent dans des rêves qui semblent la faire sourire lorsque son père, son mari et son enfant vienent la visiter au centre de soins..   
 
 

Publié dans adolescences

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âne debout 18/04/2012 21:27

Lucie, dans le ciel, avec des diamants !

chervalin 19/04/2012 10:19



Salut l'âne


héroïne, pas LSD


tu suis pas l'âne.



Corinne 18/04/2012 14:13

Quelle détresse et quel gâchis tu nous racontes là ! Quel désespoir ! On parle souvent des enfants des classes défavorisées, c'est sans connaitre l'autre côté du miroir,ces gosses dits "de riches"
qui rien que l'argent pour les consoler, bien piètre vie ! Pauvre Lucie....
Amicalement
Corinne

chervalin 18/04/2012 20:59



on dit parfois la fonction fait l'homme.


bah .... et le père ?


Comme nombres de mes historiettes, c'est du père ou de la mère qu'il s'agit.


Non pour les blamer ou les culpabiliser


mais pour sensibiliser à retrouver le regard qu'ils avaient sur leur enfant lorsque celui-ci est venu au monde .


Rappelez vous ils étaient étonnés, ne le quittaient pas des yeux et déjà projetaient pour lui un avenir glorieux, beau et heureux.


C'est ce regard là qu'il ne faudrait jamais oublier.


Pourquoi les parents changent-ils ce regard ?


Pourquoi les enfants ont-ils tant de mal à acceder au statut de parent ?



Labaronne 17/04/2012 23:10

Dès les premiers mots j'ai des frissons, parce que hélas la suite est tellement "logique" - pauvres enfants et pauvres parents, on s'accroche l'un à l'autre ou l'un s'accroche et l'autre ne voit
pas ou ne comprend pas, et l'un coule sans que l'autre comprenne pourquoi

chervalin 18/04/2012 10:14



Très juste, Madame La Barronne. Un lien qui ne s'entraperçoit pas.


Tu as l'art du résumé. merci