Mon pays était beau

Publié le par chervalin

      A françois

Mon pays était beau, me dit-il. C'était un pays d'amour, de tranquillité et de mouvements incessants. C'était une farandole de plaisirs et senteurs.

Rien a voir avec ma terre natale. Ce n'est pas de ce pays que je te parle.

C'est de l'autre. Celui qui se construit dans ta tête et que tu essayes bravemant de conformer à tes rêves.

A ce qu'attendent aussi tes enfants, ta femme et tes amis. 

C'était les mots, les échanges, les projets, les ébauches de constructions juvéniles et irradiantes.

Ce pays là, c'était ma famille, mon foyer, notre foyer, un univers de tendresse et de joies. 

Voilà, un pays de joies. pas mieux ... la joie.

Une joie parfois intérieure et qui apparaît de temps à autre à travers mes émotions, et mes larmes.

Des larmes cachées discrètement dans la pénombre du salon quand lors d'un film anodin sur lequel on avait négligé de jeter le moindre intérêt, on se surprend à être touché.

Par du déjà vu, par du déjà vécu, par ce que cela fait en nous. 

Un univers de joies.

Au pluriel; comme des plantes que l'on va cultiver pour en récolter les graines.

Comme ça... pour  construire de nouveau.

C'est un peu ça les enfants, la maison, le pré en bas, le jardin à côté et les voisins amis ou rivaux, la famille du dimanche, les amis du samedi les collègues de la semaine. 

De l'artisanat social. On n'est jamais des pros. On tâtonne et on essaye de vivre, de tricoter des fils de vies et on espère être comme les autres.

Vivants 

Une recherche de couleur de mélanges de couleurs avant le tri  

Ce pays a existé, c'était vrai et tangible.

On pouvait toucher du doigt l'espoir, le rêve et la beauté des choses.

On pouvait le toucher, lui parler, échanger....... 

C'est ce que disait mon voisin, tranquillement, sans forcer sur les mots, sur les artifices, sans se hausser du col, sans chercher plus haut

Et puis voilà, mon voisin, un gars bien, un encore jeune, un gars sans histoire, sans certitudes, sans animosité.......

Il est décédé hier d'une invasion de cellules.  

Je suis triste. 

On se dépannait, se côtoyait avec juste ce qu'il faut pour ne pas s'envahir.

Il est parti rejoindre une autre multitude.

D'autres voisins.

je regrette déjà de ne pas avoir assez parlé avec lui. 

De son jardin..... de ses enfants.....de lui.... de ce nous qui font que nous sommes vivants.

Et il est mort. 

et ces cellules me foutent la trouille.

Mais alors quoi ? Ce pays est-il si beau ?

Publié dans agacements

Commenter cet article

Tâta 13/10/2013 09:14

Et ce pays reste beau ! Il vit dans les tripes de ceux qui restent. Il vit dans ce qu'il a semé d'amour et de gaité . Il vit parce que tu as écrit ce texte.

Pastelle 26/08/2013 18:55

Magnifique ce texte... ♥

loulou le filou 02/08/2013 16:12

C'est beau !

les cafards 15/07/2013 19:43

magnifique article plein de sensibilité

Labaronne 27/06/2013 06:40

se souvenir encore et encore fera qu'il sera toujours là, se souvenir uniquement du beau du bon pour continuer à avancer et tenter d'oublier ces foutues cellules.