les petits matins d'hiver en sixtysix

Publié le par chervalin

A la demande générale de Corine, j'ai ressorti ce souvenir (écrit il y a quelque temps pour mon petit neveu)

 

Cher Petitpignouf .

Je t'écris de cette époque pour te retracer ta journée.

Commence déjà par dormir..................... rêve, rêve, rêve

 

 

7 heures. Ton réveil sonne.

Ton réveil est un Japy qui se plie en trois pour le voyage.

Tu t'étires lentement et tu ramasses les couvertures qui sommeillent encore au bas du lit.

Pas de couette, mon petitpignouf, draps et couvertures.

Tu laches ton pyjama que ta grand mère t'a offert pour chaque noêl et tu files direct à la salle à manger.

 

Tu éviteras l'aspirateur balai tornado posé nonchalament contre le radiateur du couloir. Tu déjeunes et tu révises un peu tes leçons à coté de ton transistor.

Le transistor est une réplique miniature du poste de radio de la famille. On capte 4 stations: Paris inter, qui deviendra France inter, radio luxembourg, europe 1 et la BBC.

Tu lorgnes discrètement ton tourne disque, tenté que tu es de remettre pour la quinzième fois consécutive le dernier disque de ......;

Là...... tu as un sacré choix. On sort des sixtees, mais, ils s'accrochent sévèrement :

Chez les amerloques demeurent Eddy Cochran, Gene Vincent, Elvis Presley.

Les Chats sauvages et les Chaussettes noires les imitent, les Beatles tiennent beaucoup de place, les Rolling stones aussi.

Avant l'arrivée des guitares héros de woodstock, Jimmy hendrix, Clapton, Santana en tête, tu te passais les contests songs avec Dylan et Joan Baez.

 

Je te redessinerais Petitpignouf, dans un autre chapître l'immensité créative de la musique de l'après 68 . Tu vas voir, c'est la décénie qu'il ne fallait pas louper.

 

Bon toi, tu l'as loupé.

 

Alors lache ce tourne disque des yeux et concentre toi sur ta leçon , ça va être l'heure d'y aller.

 

Non, ne t'arrête pas devant la télé, malheureux.

 

Ah..... tu insistes.

 

Tu seras déçu! Pas de programme avant Paris club à 12h 30., les informations, un magazine et hop, terminé.

Prochain programme à 16h. Il y avait deux chaines à cette époque. La couleur était présente depuis 1969 mais les moyens étaient encore insufisants pour toute une journée de programme.

Mais cela va venir sous la pression des marchands, la pub va doucement entrer dans ton paysage.

 

 

Tu vois , je te l'avais dit, tu es déçu !.

 

Tu descends les étages sans ascenceur, et tu te diriges vers ton lycée.

En ville, pas de ramassage scolaire.

Tu te débrouilles pour aller à vélo, en mobylette ou en solex.

Le solex, petitpignouf, c'est un vélo améliauré qui avance avec un galet roulant qui appui sur la roue avant.

L'angle de braquage est faible, le guidon est très lourd (car il supporte le moteur et le réservoir de solexine) La selle est large et très épaisse et tu as un porte bagage performant où tu peux aisément (pas dans les pentes) transporter un passager.

Tu pouvais aller à 35 kmh.( sur le plat)

Seulement si tu avais penser à décalaminer ton pot d'échappement.

Tu roulais comme ça pendant 100 km, mais tu avais plutôt intérêt à assurer sur 75.

Tu mettais du carburant spécial . Un mélange d'essence et d'huile, que tu trouvais dans les stations British Pétroléom (BP).

 Il fallait te veiller de ne pas t'embarquer à l'aventure.

Il n'y en avait pas partout !

 

Sinon... tu pédalais...

 

Et pédaler un solex, équivalait à un entrainement de forçat, tellement c'était lourd.

 

Bon T'as pas de solex mais un vélo !

 

Alors ...pleure...

 

3 Vitesses, pas de double plateaux, des gardes-boue lourds comme un carrénage de camions, passage de vitesses au niveau du cadre et le tout pour 20 kilos minimum.

 

Tu vois, toi, tu pèses dans les 40 kl vêtu léger et tu dois grimper les côtes courtes mais sèches qui te conduisent à ton lycée préféré.

 

Pleure, Petitpignouf, car t'immagine pas la perf.

 

Bon t'arrives en cours.

 

Cela commence par un cours de plein Air.

 

2 heures dans le froid glacial a respirer la plein air de la ville industrielle de Nanterre.

 

Pas de gants, à l'époque.

 

C'était pour les lopettes.

 

Alors, tu te gelais les doigts et autres choses.

 

Tu te déshabillais dans des cabanons de récupération et tu partais te réchauffer en courrant autour d'un stade triste.

 

Quand Grasdubide, notre prof de plein air (si, si, ça a existé) sortait de son vestiaire chauffé, nous étions en sueur par moins 10 degré, et nous étions incapables de penser ou de comprendre la moindre consigne technique en rapport direct avec le plein air.

 

Au début de l'année le plein air cela avait un coté récréation prolongée.

 

Un petit coté cerf volant et ballade en forêt.

 

Tu déchantes vite Petitpignouf, le but du jeu, est de fiche la paix à ce rammassi aviné de faux prof de gym,( Il ressemblait assez bien au prof de gym du Petit Spirou)

 

Après, mon gars tu rentrais en salle de musique , les doigts tout engourdis, incapables de boutonner le moindre bouton de ta chemise à la braguette.

 

Les lacets flottants, tu te faisais discret, les petits matins d'hiver pour ne pas être appelé au tableau.

 

Pas de pot, tu chantes bien, t'es mignon, et tu sais que ta prof t'as à la bonne.

 

Alors tu débarques tout débraillé sur l'estrade et les élèves assistent  à ton habillage public, par ta jeune prof, comme par hazard, préférée, un tantisoit gèné et en éprouvant une sorte de plaisir difficile à définir pour ton jeune âge.

 

Mais bon t'es paralysé tu peux pas non plus trop te défendre....

Fin de ta première matinée, Petitpignouf et la suite est une autre histoire......

 

 

Publié dans ballade en famille

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Bé@ 02/04/2012 19:37

Je crois qu'il va falloir que tu écrives un bouquin...

Alba 22/03/2012 14:20

excellent, j'adore ☺

chervalin 02/04/2012 07:46



merci Alba


J'aime bien me baigner dans la douce quiétude de la nostalgie.


Se rappeler l'histoire c'est aussi comprendre notre maintenant et accèder à la tolérance.


Une grande partie de mon job consiste à écouter les histoires de vie, pour aider à construire le futur.


Voilà peut être la raison de ces bulles de souvenirs qui viennent éclater mais aussi égayer mes touches de clavier.



Labaronne 21/03/2012 21:17

hé bien, en toute modestie, je suis contente que vous vous soyez rencontrées, les deux !!!! le plaisir de vous lire est x par 2 du coup

Corinne 21/03/2012 14:10

C'est encore moi,
La période "feux de camps" et tous ces chanteurs évoqués me plonge encore plus dans mes souvenirs, j'ai encore tous les 33 tours des ces chanteurs et j'ai la chance de pouvoir encore les mettre sur
la chaine, j'ai les CD mais je préfère les craquements des disques ^^
La formation en Master que fait ma fille Célestine est récente, je crois qu'elle existe depuis 3 ans, elle se prépare dans 2 ou 3 FAC dont celle de Brest... J'ai d'ailleurs vivement conseillé ce
Blog à mes deux filles.
A bientôt
Corinne

Corinne 21/03/2012 11:15

Et bien de l'avis général de Corinne, ce texte est un petit bijou qui la ramène à ses souvenirs d'ado ^^ (je suis de 1957)? j'allais à pieds au collège et là les cours de sport étaient pour moi un
supplice surtout avec un des profs qui était aussi : Prof d'histoire et de français (ils étaient polyvalents ^^) aviné il l'était, il nous est arrivé d'aller le chercher au bar^^. Le solex j'en ai
rêvé ! Le réveil de voyage je l'avait eu en cadeau à ma communion, sur le transistor, maman écoutait Radio Luxembourg et sur le tourne disques papa passait soit du jazz (j'adore) soit Brel ou
Brassens ... Que de souvenirs m'évoque ce billet ! J'en redemande ! Amicalement
Corinne
P.S: Je suis une ex éducatrice, maman d'un enfant différent, ma fille aînée est tombée dans la marmite, elle est educ-spé et ma seconde termine ses études de droit spécialisée dans le droit de la
personne vulnérable !

chervalin 21/03/2012 13:42



j'en ai quelques autres en effet.


J'aime écrire en revisitant mon histoire. Parfois la simple vie quotidienne peut être instructive.


Nous aussi, on écoutait BREL, Brassens et aussi FERRAT et parité oblige, uniquement pour ma mère, Tino Rossi. Enfant je n'apréciais pas les yéyés et j'étais trop jeune pour aprécier le
Jazz. 


Je jouais à l'intello et apprenait les chansons de Ferrat Nougaro ou Brel.


Puis sont arrivées mes années feu de camp et là c'est la découverte de Aufray, Greame alwright, Maxime le forestier, Simon and Carfunkel, etc..


Je ne savais pas qu'il existât une filière de droit dans les personnes vulnérables. C'est intéressant.


merci et à bientpôt.


Je vais aller fairte un tour sur votre site.


chaleureusement