Le parendélef et le bâton

Publié le par lesdesnoueurs.over-blog.com

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Coup de bâton sur le parendélef!

Re discours populiste de nos chers dirigeants, qui utilisent une nouvelle, fois la sanction et une floppée de mesures à légiférer, pour tenter de rétablir , sinon  l'ordre public, mais les difficultés éducatives des parents dont les rejetons et rejetonnes désertent le cadre scolaire.

Ainsi, les parents de ces enfants déserteurs, seront sanctionnés de ne plus percevoir d'allocations familiales.

Les enfants seront invités à aller  manifester leur refus ou leurs soucis au sein même de l'école.

Il est bien connu que l'Education nationale sait mater et remettre dans le droit chemin ces enfants récalcitrants.

Le "parendélef" était déjà vécu et apprécié comme un ennemi de la bulle éducative, un regardeur, un voyeur du travail effectué, un spectateur obligé, sorte d'espion sournoisement infiltré dans la présence même de l'élève, le voilà maintenant ce parendélef, non plus maintenu à distance acceptable, mais collé à la respectabilité du lieu d'apprentissage et notamment à l'idée d'école obligatoire, d'en être le servant obligé, le participant actif et soumis.

 

C'est vrai, qu'avec cette proposition de  retirer les allocations familiales, les rapports vont être plus harmonieux, plus équilibrés, plus détendus et plus constructifs. Les parendélefs vont vite saisir que leur enfant aura tout  bénéfice de cette mesure, que bien évidemment, ils fautaient en ne surveillant pas davantage le suivi du cahier de liaison.

Ah là là, c'est sûr, ils se trompaient de faire ainsi confiance aussi facilement à ce que disait leur enfant et que maintenant, juré craché, ils s'attelleront à la tâche évidente de suivre les études.

 

En avez vous vraiment l'intime conviction, jeunes énarques pondeurs d'idées pour décideurs en mal de reconnaissance ?

 

Pourtant, ils croyaient avoir fait tout bon, en achetant la tenue quasi obligatoire imposée par la pression médiatique et la publicité, et pour eux l'acceptation dans l'univers scolaire devait passer par un non rejet.

 

Éviter la discrimination par l'absence de produits de marques sur le cartable, la trousse, le dos, les fesses, les pieds et la tête de leur collégien. L'apparence prime dans les médias, sur le contenu.

 Alors le parendélef pensait avoir, en s'endettant pour 3 mois, accompli la majeure partie du boulot de parendélef, le reste c'est au collège de se débrouiller et de parfaire les connaissances de l'élef en question.

 

Non, ils ont pas bon.

 

Il y va pas, au collège ou au Lycée, il sèche le bougredesaligaud! Il lui en avait mis une sacrée le mois dernier, quand il s'était fait pécho pour avoir sorti une paire de Naïque du Cora, vingt diou, ça n'a pas suffit.

 Mais alors à quoi ça sert d'être nippé class, comme dans les magazines de foot, si c'est pour ne pas y aller.

 

Déjà qu'il n'y va plus au foot!

 

On va punir le parendélef, cet incompétent, ce jeanfoutre inapte à élever son enfant dans son envie de rejoindre la communauté éducative, incapable de le prendre par le colbac et l'amener devant la porte de la sainte institution formative.

 

Si un enfant fait la belle, (avant on disait l'école buissonnière, maintenant on pourrait dire "s'inscrit en faux") c'est de la "faute" des parents et ceux ci doivent être punis de ce manque éducatif à encourager leur chérubin (D'un mètre 70 et de 72 kl) à se présenter docilement devant les profs, si prompts pourtant à les mettre à la porte, au moindre comportement, troublant la cérémonie d'apprentissage.

C'est le retour du bâton, mais pas pour les élèfs.

 

Je connais quelques impertinents qui soulèveront que certains professeurs désertent également plus qu'à leurs tours les estrades et les crissements de la craie ou du feutre véléda.

 Que les compétences à tenir une volée de marmaille assis dans une classe n'est jamais un sujet susceptible d'être mis en débat, sauf à la cantine, le regard biaisé vers celle qui déjeune recroquevillée en bout de table et qui ne maîtrise pas sa classe.

N'empêche que le prof sait son cours lui, et qu'il lui importe peu de savoir ou de pouvoir le communiquer. « -Qu'est ce que vous voulez que j'y fasse, s'ils ne veulent rien entendre! »

 

Et revoilà le parendélef fautif d'avoir fabriquer une telle engeance désobéissante et inattentive, voire perturbatrice.

J'imagine le retour enjoué et endiablé de ces déserteurs dans les classes de troisième ou l'ennui et l'angoisse s'épanouissent, venus, comme présence justificative pour que leur mère continue de percevoir les allocs.

 

Le transfert des compétences va être immédiat, car leurs comportements inadaptés, il va bien falloir le contenir. Et uniquement par la parole.

 

 Cela tombe mal, ils n'ont pas le même langage.

 

Dans la série trouble du comportement, nul recours à la gente parendélef, il va falloir assumer et montrer qui est qui, car l'expulsion devient alors impensable sous peine de se voir retirer les subsides de l'état pour incapacité à gérer la scolarité d'un jeune qu'on leur confie.

 

J'imagine le discours de l'élef refusant de sortir de la classe, pour un malabar en phase de mastication, dite « bullesque », sous prétexte que ses parents vont se faire sucrer les allocs.

J'imagine, le principal hésitant à signaler les absences répétées de cette gamine qui lui décrit, par le détail, l'ambiance familiale et les conditions de vie épouvantables, et que ses parents n'auraient d'autres solutions que de la prostituer, comme sa grande sœur, s'ils n'avaient plus l'argent de l'état.

 

J'imagine le grand frère pénétrant dans le collège pour vérifier que son teigneux de frangin est bien présent, parce que son père n'est plus de ce monde et que sa mère ne sors jamais de l'appartement.

 

Parce que pour ces énarques qui conseillent nos décideurs, l'enfant le fait exprès pour faire chier ses parents ou les profs de ne pas aller à l'école, collège, lycée. Il se montre rebelle et il faut que ses parents le ramènent à la norme.

 

Et s'il était en souffrance ?

 

Et si ces parents étaient en désespérance ?

 

Et si le monde s'écroulait autour de leur sphère familiale ou sociale ?

Que l'idée même de continuer à apprendre, d'être parmi les autres, parmi sa classe d'âge, si cette évidence ne leur apparaît plus ou transitoirement plus, tant ils ont un souci qui regarde leur survie psychique?

Le populisme c'est cela, annoncer une solution radicale sur des points de conséquences adjacents en laissant la fondamentale (ce que veux dire ou signaler l'enfant par son comportement) se déliter ou rester en l'état.

 

chervalin

Publié dans adolescences

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