Le feu de "non" joie

Publié le par chervalin

Elle est assez jolie et qualifiée de belle femme.

C'est surtout une très belle athlète.

De haut niveau même.

Lui aussi.

C'est ainsi qu'ils se sont rencontrés.

Il est Ghanéen, luisant sous le soleil et loin d'être un imbécile.

Viennent les projets de couple, de vie, d'enfant, de maison, de voyages.

Viennent aussi les contraintes de travail, d'entraînements, de compétitions, de régimes secs, d'obligations familiales et de tâches de la vie quotidienne.

Arrive aussi la culture, les habitus, les manies, les centres d'intérêt divergeants, les amis insupportables ou les parents envahissants.

S'installent l'incompréhension, le doute sur l'autre, sur soi, ses choix, les conseils parfois mal intentionnés.

Leur vie de couple quoi.

Ils s'aiment toujours et après le temps de la découverte vient le temps de la construction.

 

Le petit arrive un matin d'automne venant crier au monde qu'il est plutôt content d'être là.  Tout métissé et déjà conquérant.

Le bonheur et l'inquiétude se mèlent mais ce couple se triangule malgré tout. Et plutôt harmonieusement.

 

Malgré tout.

Il s'agit là de l'appréciation du père de cette tendre sportive qui n'aprécie guère d'avoir un gendre de couleur et un rejeton pas très dans la norme. Guère présentable aux amis.

Cela crée également une  discussion animée et quelque peu ironique lors des réunions de son groupe politique.

Du coup il ne s'y pointe plus. Non pas pour protéger son gendre et son petit fils mais plus pour éviter les quolibets.

Mais c'est gênant car il retrouve les mêmes membres dans le club sportif où brille sa fille et où il n'a pas manqué de se positionner en dirigeant.

C'est pénible cette situation. Voire humiliant.

 

Il faut qu'il y mette fin.

D'abord.... lui....... ce "pas de chez nous" . Je me vais te l'écarter comme quoi que ça ne vas pas traîner!!

 

Il cherche, se renseigne, se déplace, informe, bouge les gens et les papiers et......... il trouve.

Il trouve.

On devine sa jubilation, la mousse qui envahi ses naseaux et le plaisir qui lui titille l'échine.

On devine qu'il va faire mal car il tient l'argument et la clé de la porte qui le fera revenir aux affaires et pourquoi pas décrocher un poste éligible dans le  parti qu'il convoite depuis quelques temps. La mairie, les honneurs, la gloire, l'aboutissement de 30 années d'attentes, de réunions discrètes, d'ombre et de discrédits.

 

Il trouve que ce gendre honni n'est pas trop en règle.

Que celui-ci à triché sur son âge pour pouvoir accèder à un club professionnel.

On devine que le grand -père du petit garçon est déjà dans la jouissance et que la liberté de décider entre nous demeurera intacte.

Et blanche.

 

Vous devinez aussi la suite.

la fédération sportive l'écarte. La préfecture se penche sur son permis de séjour et procède à son rapatriement vers son pays d'origine.

Non mais.

 

Reste notre belle sportive et son magnifique rejeton.

Que vouliez vous qu'elle fasse ?

Elle a fait l'acquisition d'un billet d'avion pour le Guana. Mais aussi celle  d'une boite d'allumettes et  d'un litre d'essence.

Avant de partir rejoindre le père de son enfant, elle a soigneusement brûlé tous les papiers administratifs, photos, contrats, et tout ce qui mettait  en lien sa famille avec leur appartenance avec l'administration française.

Un feu de non joie.

C'est pas grand chose.

De l'ordre du symbolique.

Cela lui a suffit. Elle pouvait maintenant les quitter.

Définitivement.  

 

 

    

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labaronne 21/08/2011 22:17


je viens de réaliser que prise par la (ma) vie je n'étais pas venue depuis longtemps te rendre visite - ai-je omis de m'inscrire à la new ? peu importe je reviens et je reste accro à cette vie que
tu nous racontes et que certains s'attachent à gâcher pour le plaisir de qui ?