La ré-percussion

Publié le par chervalin

Il y a des commentaires d'évènements qui se banalisent à force d'être convenus.

Nous n'y prêtons plus l'attention qu'ils méritent.

Nous n'allons pas, ou plus,  chercher ce qu'ils évoquent pour nous.

 

Il en est ainsi lorsque nous suivons les journaux des grands médias qui suite à une catastrophe (accident, explosion, attentat etc) précisent négligemment que les victimes et proches seront pris en charge par une cellule psychologique.

 

Parfois je me dis que ceux là ont bien de la chance d'être traités ainsi car il existe, selon moi, d'autres catastrophes , familiales (décès, séparation) ou sociales (licenciement, délocalisation, endettement)  qui trouveraient bénéfices à ce type d'accompagnement.

 

Il est pompier sauveteur bénévole à la Croix Rouge.

Mobilisé par l'organisation du cross départemental, à la surveillance et aux petites interventions.

Tout baigne l'ambiance est joyeuse, pas de soucis ni de gros bobos. 

Ce soir là, il est fatigué de cette longue journée posté dans la tente réservée aux soins.

C'est en redescendant qu'il aperçoit la voiture dans le ravin, 20 mètres en contrebas.

Quand il arrive, pour deux personnes c'est déjà trop tard.

Il sait ce qu'il lui reste à faire pour les deux autres et attend les secours.

 

C'est seulement quand ils arrivent qu'il se rend compte que les personnes décédées sont de jeunes adolescents.

Comme son jeune frère.

 

Deux ans plus tard, son épouse demande le divorce.

-Ce n'est plus possible de vivre avec un alcoolique. Il ne veut pas se soigner il est dans le déni. Je suis fatigué de ses promesses. Cela dure depuis deux ans. Depuis l'accident. Je n'ai plus confiance en lui. Il s'endort quand il a en charge les enfants.

 

Cette petite illustration, certes un peu sombre, pour prendre conscience des répercussions d'un évènement traumatique lorsque l'on est  intervenant.

 

Ils sont professionnels pensons nous, ils savent encaisser.

C'est vrai, mais dans l'univers professionnel.

 

On ne parle pas suffisamment des répercussions sur les autres champs qu'ils soient sociaux ou comme cette illustration,  familiaux.

 

Au delà de l'émotion provoquée par l'annonce ou les images, je prends conscience que ces équipes de psychologues dans ces cellules d'interventions occasionnelles méritent davantage qu'un laconique commentaire supplétif.

   

 

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Bé@ 30/01/2012 10:34

Bonjour,
J'ai une cousine qui s'est trouvée au milieu d'une fusillade de banlieue (dans le 93) alors qu'elle portait secours à deux adolescents mourrants. Une cellulle psychologique a été dépéchée pour les
personnes qui étaient intervenues. Elle m'a dit que cela lui avait permis de retourner sur les lieux du travail (juste devant le lieu des crimes), mais que 2 de ses collègues avaient
démissionné.
Assister à certaines situations est traumatique et je trouve excellent que des personnes puissent aider face à cela.
Ce serait bien de dépêcher ce type de cellule lors d'evenements traumatiques familiaux; le hic c'est que ceux qui refusent de l'aide sont souvent ceux qui en ont le plus besoin...

Béa

chervalin 30/01/2012 20:08



c'est tout à fait juste