La passion de soi

Publié le par chervalin

Journée triste aujourd'hui.

Un auteur de violence conjugale qui ne supporte pas que son épouse ose s'écarter de lui pour ouvrir un dialogue avec une nouvelle connaissance.

Rien que du classique. rien d'autre que la routine. Celle du mari jaloux posséssif, teigneux et dans les bras duquel on se sent tellement en sécurité qu'elle aime provoquer et titiller sa grogne.

Elle aime le voir rugueux et dominateur, le sentir male et convaincant de puissance.

Elle aime qu'il combatte pour elle. En fait ce qu'elle cherche c'est un duel de conquérant, de chevalier sur le fier destrier et tout et tout.

Vous connaissez par coeur ce cliché.

Pas eux.

Ils sont en plein dedans et ils ne voient plus rien.

Elle parce qu'il l'a frappé juste un peu trop fort et qu'elle en a perdu la vue.

Et lui car il se retrouve dans le brouillard pour un paquet d'années pour s'être lancé ivre de colère et de parano dans une course poursuite automobile qui s'est brusquement figée sur une famille de de sangliers traversant la route.

Voilà, le medecin ignore encore s'il pourra retrouver l'usage de ses jambes.

Ce qui est sur c'est qu'il a perdu  la raison.

Mais en réalité... l'avait -il vraiment ?

Essentiellement tourné sur lui même, l'autre est un faire valoir, une boite à outils que l'on trimballe , que l'on ouvre à bon ou mauvais escient dans l'opportunité des situations sociales ou des pulsions incontrolables. Cette boite là est une deuxième peau, un copain de vie, un habit protecteur d'image.

D'image de soi. Il ignorait ce qui se tramait dans la tête de sa compagne comme il ignorait qu'elle ait seulement l'idée de penser.

Elle était là pour et selon lui.

Il ne pense plus maintenant. Son cerveau n'est plus en connexion avec son histoire ni son actualité.

Ils laissent quand même 4 enfants, non pas sur le bord du chemin, mais à leurs chevets.

Tous les deux ont la cinquantaine passée.

 

Chervalin

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