Là où il vit.

Publié le par chervalin

Il y a dans son regard, une détermination, une volonté que rien ne semble pouvoir atteindre.
"- Je ne veux plus le voir, l'entendre. Je voudrais qu'il disparaisse. Je pense que je suis capable de vivre sans lui. Je ne veux plus entendre parler de lu, que vous me parliez de liens, de d'images, d'appartenance. Je ne sais pas pourquoi il a voulu que je naisse, mais puisque je suis là, je veux vivre sans lui."
 
Bon, OK, je le note.
Il parle de son père.
Nathan a 9 ans.
Il reconnaît que jamais il n'a été frappé ou violenté par son père.
 
Selon lui, c'est pire.
Il aurait presque aprécié que son père s'intéresse à lui, lui colle une baffe.
Mais non, la colère de ce paternel est constamment dirigé sur sa mère.
Et  consécutivement sur ses grands-parents maternels qu'il adore.
 
Et plus il s'attache à ses grands-parents , plus le père s'éloigne de lui et le considère comme un pestiféré.
Un malade touché ou atteint par le lignage parental maternel.
 
Nathan ne se plaint pas, ne pleurniche pas.
Il s'est auto protégé des attaques de son père qui ne le vise que comme un rebut d'une appartenance de ratés.
 
Nathan est un môme intelligent.
Il a vite pigé qu'il ne servait à rien de s'opposer. Il a choisi de s'écarter, de vivre et grandir sans ou hors de portée des flèches qui ne sont destinées qu'à éteindre ou effacer un lignage.
Il a rejoint sa mère et ses GP maternels non par choix mais par instinct de survie.
 
J'aime bien ce garçon.
Je ne savais pas qu'à 9 ans, il était possible de se préserver avec un regard précis et lucide, du comportement et des agissements d'un pervers narcissique.
 
Là où la mère de Nathan échoue, en continuant à s'exposer à la réactualisassion du ou des conflits, Nathan s'écarte de la cible  et s'autodétermine.  
 
Lors du dernier entretien, Son père me déclare qu'il ne bougera pas d'un millimètre et que Nathan, qu'il le veuille ou non devra résider principalement chez lui et s'éloigner de cette famille de tarés, avec cette femme qui l'a utilisé comme un géniteur, une vache à lait financière et qui s'est accaparé l'enfant.
Il en veut à la mère et surtout à ces GP maternels de vouloir éloigner un père de son fils.
 
Seulement voilà, Nathan y est heureux, détendu, tranquille, y mène une vie sociale ouverte et dynamique, a de bons résultats scolaires et apprécie ses grands-parents attentionnés et qui le valorisent. Sa mère ne ramène pas autant d'argent que son père, mais il s'en fiche.
Il s'en fiche car celui-ci ne lui a jamais porté la moindre affection, le moindre encouragement ou attention, n'a fait que le considérer comme une "flotte", comme il dit, car il préfère les câlins, la douceur d'un regard et la gentillesse d'un compliment valorisant.
Et il a raison Nathan de vouloir cette vie là.
 
Là où il vit, il est aimé.
Là où il vit, il n'est pas utilisé,
Là où il vit , il n'est pas un objet.
Là où il vit, il existe et grandira malgré son père.
 
Il me demande: Quand vous plantez un arbre, donne t-il toujours de beaux fruits?
Nathan n'est peut être pas le plus beau, mais je suis certain qu'il a de la saveur. 

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babsdragon 26/01/2013 17:55

Il a une certaine chance Nathan d'avoir cette possibilité, cette force de choisir.
Bonne chance à lui.

Labaronne 10/09/2012 22:15

que dire ? rien....qu'il pousse là où la terre est fertile, c'est tout et il deviendra un bel arbre, solide.

Corinne 10/09/2012 11:56

Comme il est émouvant cet article ! C'est inimaginable la force de ce jeune enfant, il donne envie de le serrer dans ses bras. Il est certes certainement très intelligent, mais quel combat il doit
mener déjà si jeune ! Ce qui est rassurant c'est qu'il sera certainement toujours quelqu'un de bien ! Merci de ce témoignage.
Amitiés
Corinne

chervalin 10/09/2012 12:08



mervi Corinne


c'est vrai, il est sympa et attachant.


Il ne donne pas l'impression de mener un combat. Depuis qu'il a pris la décision de suivre sa mère et de s'éloigner de son père, il est plutôt tranquille.