la marque

Publié le par lesdesnoueurs.over-blog.com

Vous êtes en montagne, dans un univers minéral et vous commencez à vous déconnecter du monde social et urbain, tranquille, dans le décor et l'ambiance recherché pour une balade bucolique et naturelle.

Vous avez l'habitude de vous rendre sur ce petit tertre pourtant pas facile d'accès. Il y a là, une magnifique pierre, qui a stoppée ici, sa dégringolade. Elle a le bon gout de se laisser escalader et de proposer aux bergères un transat ensoleillé.

Vous aimez cet endroit, simplement sans fioriture, il fait partie de vous, d'ailleurs, c'est un peu chez vous, c'est là que vous avez aperçu votre premier bouquetin, que vous avez osé votre premier baiser, prononcé, chuchoté ou déclamé je ne sais qu'elle, tendre déclaration.

Et puis un matin , pas comme les autres, arrivé en sueur sur votre refuge secret, vous découvrez là sur la pierre qui trone et permet un repos à l'ombre, un tag, une signature venue d'en bas, de la ville, une insulte à la montagne et à la nature. Il n'y en a pas qu'un. Une myriade.

Et là alentour, les bombes lâchement abandonnées, comme autant de reliefs hirsutes et ingoûtables, dangeureusement offertes aux naives marmottes.

C'était cela, non pas un un défi ou un pari, mais allez marquer son territoire, l'agrandir et faire présence par l'inscription d'un nom de guerre.

Vous les aviez vu ou entendu passer, au bout du champ, peu après midi, leur traversée du vilage n'est pas passée inaperçue.

 Pourtant, vous pensiez, naivement que les sacs à dos  entrevus annonçaient une longue promenade et donc, une mise à distance.

 

Cela les insupporte que la nature les défie, leur oppose sa quiétude et sa puissance.

Ce groupe de crétins n'est pas le centre de ce débat. L'acte qu'ils ont posé, vient provoquer deux réactions. 

La première est la création, d'un espace, d'une césure entre deux modes de relations à la nature et donc, deux représentations de l'individu.

Pour ces abrutis, l'espace social et naturel est un territoire à conquérir, et peu importe ce qu'il secrète ou ce qu'ils en feront, il faut qu'il leur appartienne.

Ou plutôt, qu'il soit marqué par le souvenir de leur passage. (passant, souviens toi!,) Pourquoi cette analgésie, cette abscence d'émotion, cette morgue et ce mépris  pour ce lieu si distant de leur domaine ?

 En fait ce qu'ils attaquent c'est ce qui leur fait peur ou ce qui est différent d'eux. Ce qu'ils viennent faire, en ce lieu c'est d'expérimenter, une autre facette de leur courage et d'affirmation de soi.

Le choix de la cible n'est pas anodin.

Il fallait que celle-ci soit à conquérir, mais pas trop difficilement! Ce qu'ils ont voulu c'est construire un projet volatil et inutile, mais qui a pour objet de leur faire ressentir des sensations. Il fallait que ce soit dans un ailleurs aventureux.

La seconde est qu'Il fallait que cet acte soit marqué par le franchissement d'une limite, pour dominer et narguer la communauté d'une part et les éléments naturels d'autre part.

Une marque, qu'ils veulent infliger aux autres, celle qu'on leur a faite et qu'ils veulent reproduire et celle qu'ils veulent oublier.

chervalin   

 

Publié dans adolescences

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