La grue

Publié le par chervalin

Que les médias se délectent des coups d'éclats d'individus grimpés sur une grue pour contester un jugement au nom de leur statut de père, passons.
Qu'ils s'éternisent sur leur discours faussement égalitaire pour le partage d'un enfant, abreuvant le téléspectateur de sondages et de micro-trottoir partisans, cela m'interroge et m'agace.
 
Je combattrais  toujours  l'idée que pour commenter  ou remettre en question une décision d'un magistrat, il faut connaître le dossier, la genèse et le contenu du conflit .
Ainsi, partir d'un cas particulier pour aller enflammer une polémique sur une généralité comme la garde partagée m'apparaît immature et démagogue.
 
Dans les enquêtes sociales, ce que nous découvrons derrière les exigences  des pères réclamant une parité de présence éducative auprès de leur enfant, est trop souvent un désir de maintenir et d'alimenter le conflit conjugal  non résolu.
L'enfant et son droit d'entretenir des relations avec ses deux parents, sont  là totalement instrumentalisés, pour atteindre l'autre.
 
Il y a tellement de paramètres à prendre en considération pour que se mette en place une résidence partagée, qui évitera que l'enfant se saisisse du conflit encore vivant de ses parents, que cette décision est d'une immense fragilité.
 
Le plus virulent des pères que j'ai eu à  entendre, ressemble à ceux perchés sur cette grue.
Une  personne qui plaçait bien haut et bien visible (comme c'est étrange ce choix de la grue) ses exigences et l'exclusivité de ses décisions qu'il ne donnait nulle place à l'enfant, nul intérêt pour la chose scolaire, pour ses activités sportives, pour son style relationnel, pour sa liberté de choix, pour ses liens amicaux et usait sans vergogne de violences verbales, d'humiliations et de déstabilisations envers son ex épouse et envers cet enfant qui souhaitait s'émanciper de sa mainmise étouffante.
 
Il revendiquait l'égalité d'un temps de présence.
Mais voilà, on ne partage pas un enfant, son psychisme, en deux parties égales pour calmer l'égocentrisme d'un parent.
 
Ce gars perché sur la grue vient nous dire d'abord, une inaptitude à dialoguer et rejoindre le point de vue de la mère.
Si un magistrat est intervenu, et a tranché dans un sens, c'est qu'ils n'ont pas réussi à s'entendre pour leur enfant.
Hors, il est primordial qu'il y ait une confiance et un dialogue serein entre les deux parents pour que la résidence partagée ne permette pas à l'enfant de s'autoriser une responsabilité dans un conflit qui ne le regarde pas.
 
Ce que vient dire ce gars, c'est qu'il ne reconnaît pas la loi. Qu'il n'est pas satisfait de la décision d'un tiers et que celle-ci n'est pas bonne car elle n'est pas sienne.
C'est ce père là qui va apprendre à respecter la loi et le cadre institutionnel à son enfant.
 
Et cela relayé par les médias.
Qui titreront, demain sur l'irrespect des jeunes face à leurs aînés.
 
 
 
 

Publié dans médias

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les cafards 20/02/2013 18:07

on doit reconnaitre qu'on n'a pas trop apprécié son discours

Pastelle 19/02/2013 12:09

En l'occurrence l'homme sur la grue avait agressé le grand père de l'enfant, lui occasionnant 8 jours d'incapacité de travail... Ca fait peur, et montre bien l'absurdité des médias. Bel article qui
remet les choses en place.

chervalin 19/02/2013 14:02



bonjour Pastelle


j'ai commis un post que j'ai appelé "là où il vit" qui décrit ma rencontre avec un représentant des nouveaux pères qui revendiquent par un lobby associatif et les médias leur droit sur la
résidence partagée. Leur colère est plus dirigée contre les juges féminin que contre leur ex. Ils veulent des juges hommes qui selon eux vont prendre leur parti.



Corinne 18/02/2013 23:11

Comme tu résumes bien la place des médias avides de sensationnel, qui abreuvent les spectateurs qui ne le sont pas moins ! Il y aurait encore des mises à mort sur la place publique qu'il y aurait
foule....
Jamais on ne donne l'avis des enfants dans ces situations, l'enfant n'est même plus un être de chair dans ces cas là, il est un instrument... Je partage ton indignation ! Et je partage ton
billet.
Amitiés sincères.

chervalin 19/02/2013 08:11



Coucou Corinne


j'avais fait un billet, il y a quelques mois sur ce père égocentré et narcissique.


Tous ne sont pas comme cela et je pense qu'il y a des décisions qui meurtrissent des pères sincèrement touchés par des décisions qui les écartent trop de leur enfant. Les interprêtations des
magistrats sont parfois surprenantes.



Labaronne 18/02/2013 22:24

totalement d'accord avec toi, je suis enthousiasmée par tes mots et le pire dans ça c'est que les politiques se sont mobilisés d'un coup d'un seul, ridicules, comme s'ils allaient règler en deux
coups de cuillère à pot un problème insoluble tant que les parents ne penseront qu'à ce qu'ils peuvent faire pour blesser l'autre à travers l'enfant qui n'a besoin que d'être aimé, d'avoir une vie
stable, encadrée et surtout de vivre son enfance avec l'insouciance à laquelle il a droit et dont personne ne devrait avoir le droit de le priver - mais là c'est perdu d'avance, les hommes, et les
femmes, ne sont même pas dignes des animaux qui eux font tout pour protéger leur petit