l' éviction

Publié le par chervalin

Elle a un peu le sentiment qu'elle a été la fille non désirée, Josiane.

Elle se dit qu'elle a raté des trucs.

Son job, sa vie conjugale, sa carrière, ses projets.

Elle a pas réussi grand chose.

Surtout lorsqu'elle observe la vie de ses soeurs et de ses frères qui ont plutôt bien réussis.

Elle enrage de façon sourde.

 

Alors elle en veut à ses parents. Leur maison est mitoyenne et s'énerve de devoir être celle sur qui retombe les corvées.

Ses soeurs s'escamotent et lui rappellent::

-Ben tu habites à côté Josiane, je vois pas pourquoi tu pourrais pas le faire. Et puis, ma Josiane, tu es en longue maladie. Tu as le temps Josiane. 

Les parents, Josiane commence à fatiguerr de les voir sans arrêt et de les entendre  lui reprocher son mariage loupé, son mari fainéant et un rien escroc, ses enfants laids sales et dysgracieux .

 

Ils commencent à être bien âgés et  la maison bien trop grande. Le père la construite de ses mains. Lorsque les enfants sont partis un à un, ils lui ont laissé la partie mitoyenne. Rapidement avec une feignasse de mari celle-ci s'est dégradée.

La partie des parents est en très bon état.

Josiane a une petite idée. Une grande même.

De ces idées qui vont faire baver d'envie la fratrie arrogante.

Coupler   les deux maisons et créér un acuueil pour personnes âgés. Elle peut aller jusqu'à 6 personnes . Elle a déjà fixé le prix de journée et sait qu'il y a le potentiel en clientèle car cela manque cruellement de places par ici. Elle a déjà étudié le montage administratif, sanitaire et financier.

Tout est là dans le dossier.

Josiane jubile.

Seulement voilà, ils faut vider ses propres parents et les mettre quelque part.

Josiane est machiavélique en diable. Sa stratégie est simple faire passer le père pour un personnage violent qui maltraite son épouse. Comme sa mère commence à perdre les pédales, son père est si renfermé et soufreteux que  cela devrait passer sans problèmes. 

 

Ainsi fut fait.

Gendarmerie, pompiers, sont appelés pour des interventions sur lesquelles ils ne saisissent pas grand chose mais comme Josiane a le verbe haut et la voix portante, ils cèdent rapidement et conviennent que ces deux vieux doivent être séparés.

Le père est écarté. Les mois passent.

Et une éviction une! Se réjouit Josiane.

Hélas pour elle, la justice s'en inquiète et vient mettre le nez et les oreilles dans son projet.

Elle avait oublié une seule chose.

Que son père avait tout saisi, deviné et compris.

Pourtant ce petit homme chétif, personne à aucun moment n'a pensé à lui demander son avis. 

 

C'est lui qui vient  rappeler qu'il est encore le maître dans sa maison.

Non et non sussure t-il , Elle ne fera pas ce qu'elle veut.

Les deux vieux retournent tendrement vivre leur vie avec encore plus de soutien.

 

Pauvre Josiane,

Même tuer ses parents elle l'aura loupé.

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Bé@ 14/12/2011 12:08

Merci pour toutes ces explications. Je comprends mieux le fonctionnement.
Bonne journée.

Bé@ 13/12/2011 12:10

Bonjour,
Je n'ai pas tout compris. Si les lieux d'accueil ont plus de lattitude, apparemment, que ce que la Justice décide, ils n'en ont pas moins un budget fixe. Qui les budgète ? Existe-t-il un moyen pour
qu'un parent puisse obtenir une extension de ce temps de visite encadrée ?

chervalin 14/12/2011 09:01



Bonjour Bé@


Les lieux d'accueil pour l'exercice du droit de visite conflictuel, Point rencontre, Relias enfant parents, etc sont des structures associatives. Ils ont un budget construit sur des subventions
(Réap, collectivités locales, Dass, Conseil général et Justice et autres dons.


Ils ont un règlement intérieur, une organisation propre et reçoivent des missions par le Jaf ou le TPE ou parfois à la suite de transactions contractées chez un médiateur ou un avocat.


Voici ce qu'ils peuvent s'autoriser ( à titre d'exemple)


Une ordonnance défini un droit de visite d'un parent les semaines paires et le lieu d'accueil n'est ouvert que les semaines impaires. Ils peuvent convenir avec les parties de modifier la semaine
imposée par le magistrat.  Un enfant en bas âge qui doit voir son père de 14 h à 18h. Le lieu d'accueil sollicite les parties aux fins que ce droit de visite se déroule à l'issue de la
sieste de l'enfant et soit recadré de 16 h à 18h pour le mieux être de l'enfant et la qualité de la relation.  


Dans tous les cas, les dispositions particulières proposées aux parties doivent être signées et ne pas être en opposition aux décisions du Juge. Elles amménagent les conditions de prise en
charge. Si les personnes ne sont pas en accord. leur admission est refoulée et elles peuvent resaisir le magistrat pour que soit désigné un autre lieu.  



Bé@ 12/12/2011 14:57

Après lecture du com de la baronne et votre réponse, je vois que vous êtes plutôt pour des visites plus rapprochées (dans le cas qu'elle cite), ce qui paraît logique. Mais c'est la Justice qui
décide ainsi faute de moyens car les lieux d'accueil et leur personnel ne sont pas assez nombreux ; on répartit donc dans le temps. La Justice est tributaire de son budget, vous le savez mieux que
moi.

chervalin 13/12/2011 08:38



Bonjour Bé@


Sur le champ civil, les parties peuvent valider un accord avec une transaction qui ne passe pas par le Tribunal. Les lieu d'accueil peur définir avec les parties la fréquence et la durée des
rencontres si celles-ci sont fixées sans tenir compte des habitudes de vie de l'enfant. Exemple les horaires des activités sportives qui se chevauchent avec celles des entretiens du lieu
d'accueil. Ou encore des plages de 4heures avec un petit enfant ou un ado. 



Bé@ 12/12/2011 14:49

Quelle chutte !

labaronne 03/12/2011 21:26

dans mon boulot je vois rarement des cas extrèmes, mais il y a quelques semaines la Cour a rendu un arrêt, contre une mère, donnant la garde d'une enfant de 10 ans au père et un droit de visite de
5 h à la mère, en point rencontre, une fois par mois - la mère depuis le divorce a transféré sur son enfant la haine qu'elle a de son ex mari - elle est enseignante et terrorise l'enfant qui n'ose
pas parler - elle a frappé à mort le chien de l'enfant parce qu'il avait été offert par le père - elle n'est pas violente seulement mauvaise et s'est persuadé que son enfant est téléguidée par les
idées du père - elle ne voit plus la réalité seulement ce qui lui échappe et ne comprend pas la souffrance qu'elle inflige à cette petite fille qui restera marquée à vie - et qui malgré le droit de
visite restreint, est paralysée à l'idée de voir sa mère - la mère est notre cliente, je l'ai vue cette semaine physiquement femme fragile au bord des larmes, mais quelques paroles révèlent tout de
suite la durete qu'il y a en elle
je le plains et espère que son enfant pourra trouver un équilibre, mais à 10 ans, et ce passé si lourd....et que préconiseriez-vous ?

chervalin 04/12/2011 13:04



il semble qu'il y ait une confusion entre le statut de mère et le statut d'épouse trahie. Cette désespérance est une catastrophe pour elle mais ne l'est pas pour son enfant.


l'axe à développer est de protéger l'enfant de cette confusion en lui rappelant qu'elle n'y est pour rien dans cette affaire. Il est important de rappeler que ce n'est pas elle qui a à supporter
ce lourd passif mais ses parents. Que ceux-ci ne sont pas parfaits et qu'ils peuvent être fragilisés par des évènements qu ils maîtrisent mal.


Je ne pense pas que cette petite fille sera marquée à vie. Elle ne le sera que, si on laisse s'installer un sentiment de culpabilité.


Le lieu d'accueil est une bonne décision. Il faut du temps pour que des liens se retissent et s'écartent de cette confusion.  Il est bien qu'ils le soientt avec une guidance et un
contrôle tiers.


Par contre, je pense que la décision de la Cour de fixer une rythmie mensuelle va ralentir le travail et distendre les liens au lieu de les travailler. C'est la régularité des rencontres qui
va permettre qu'un lien se définisse et que la parole prenne une place déliée des conflit conjugaux. Deux heures tous les 15 jours eût été la bonne fréquence.