Jardin des neiges

Publié le par chervalin

C'est le premier jour où il va prendre son cours de ski.

Chez les piou piou.

Ils sont tous carrènés en champions, casque, lunettes, salopette, chaussures de ski, ski, gants, il ne manque rien.

Si peut être le fait qu'ils n'ont pas de bâtons.

Cela les gêne un peu, les parents de ces piou piou.

Visiblement, cela ne fait pas. Il manque un truc. ça s'ent l'incomplet, le cours au rabais. Même s'ils ne s'en servent pas qu'ils entrent au moins dans le cours avec les bâtons quoi merde. Pour eux tout est là, dans le bâton. Ils se rappellent bien dans les bronzés avec Monsieur Gus.

- C'est vrai quoi c'est comme si on prenait un cours de natation sans son maillot de bain. 

- Alors à quoi ça sert qu'on les a loué ?

- En fait, il nous avait prévenu Josiane, c'est toi qu'a insisté

 

Ils sont une bonne trentaine.

Pas les piou piou. Eux ils suivent le moniteur. Certains en étant fiers et déterminés et d'autres en chouinant. D'autres encore en baillant, d'autres en trainant encore dans les brouillards d'une sieste, encore pas terminée.

Ils sont une petite dizaine à s'engager sur le chemin de la première étoile. Pour lors, il s'agit de décrocher l'ourson pour vendredi prochain et arborer ainsi la première distinction familiale acquise à l'âge de 4 ans.

Fierté, frissons, grands cris et force amer picon ou ricard (selon les arrivages et les académies) 

 

La cohorte des trente c'est les parents.

Pas qu'eux d'ailleurs il y a les pépés et mémés, les  cousins, tontons, tatas, voisins, journalistes pourquoi pas, photographes attitrés de la famille et autres alertés par mail ou téléphone du départ prochain sur les pistes, du petit dernier.

Parmi eux, il y a Lulu.

C'est mal parti d'ailleurs car c'est celui qui chouine le plus.

Les autres pépient comme il est de mise chez les piou pious.

Mais lui non. Il braille.

Le moniteur qui semble etre très patient, se montre très patient.

Il m'épate. Moi je ne pourrais pas. ou plus.Moi, président du club des piou piou,  au bout d'une demi heure il y a longtemps que je l'aurais refourgué à la smala qui commente derrière le filet.

- Et bien Lulu, fais comme les autres, va sur le tapis.

- Vas y mon Lulu, passe devant çui là.

- Tiens viens chercher un mouchoir.

- Remets ton gant, Lulu, tu vas le perdre

 

Comme cela pendant une heure et des.

 

Le chef des moniteurs apparaît et demande gentiment aux parents présents de s'écarter et d'aller faire un petit tour.

Ce que font la plupart. Non sans regarder à regret le fiston ou la fistone dévaler le mur sous les cerceaux de couleur en direction du canard entre le lapin et le renard.

 

Sauf la smala Lulu.   Ils se sentent en force et décident de massacrer le cours de leur Lulu.

En fait, ils se sont disloqué en se répartissant dans des endroits qu'ils ont jugés stratégique.

Le père et le pépé par exemple sont allés au bar. ( Je le sais, j'y étais.)

Les autres sont restés plantés autour du parc, appareils photos chargés à bloc pour inscrire, à tout prix l'évènement dans l'album de famille.

Z'ont rien à fiche d'autre. Pas un n'a chaussé de skis. Ils sont bardés de bonnets, de pulls et de doudounes et sont piqués là dans la neige avec leurs botines chaudes mais quand- même pas assez car y caille.

En piétinant sur place, ils devisent.    

Lulu,  selon eux n'est pas assez bien pris en main.

Car cet intrépide en a fait d'autres, semble t-il et le moniteur n'arrive pas à en faire façon. C'est tout et définitif.

-  Z'ont qu'à pas engager des tarlouzes et point barre

 

Lulu braille de plus en plus à chaque passage devant sa mère, son père, son grand père, sa grand mère, sa cousine, sa tante, son oncle, le voisin et la voisine et tous ceux qui ont loué avec eux l'appartement gite de 8 places mais en se serrant on peut y être tous hein Lèon ?

C'est mal parti pour qu'il décroche son ourson le Lulu. 

 

Quand brusquement sa mère décide qu'elle doit intervenir.

- Et bien jeune homme, pourquoi vous ne l'aider pas plus, mon Lulu, vous voyez pas qu'il a mal à réussir, ah non, j'te dis, un incapab' pareil. Quand je pense que cela va durer tout' la s'maine. Au prix qu'on a payé. Viens Lulu, je vais te m'aider à le remettre ton gant, t'as qu'à détacher tes machins qui tiennent les skis. Ben qu'est ce que vous faites, vous là, amenez le ici, au lieu de le regarder tomber. Vous voyeurez pas qu'il pleure parce qu'il a froid. Y peut pas n'arriver si Ya froid. Hein mo'nange que t'as froid. Bah dis-y à l'aut' là.

 

Le moniteur lui est pluôt content : les 9 autres pious (X2) s'en sortent très bien. Il profite qu'il est tout en bas de la piste loin de la smala. Il remet gentiment le gant au chouinard et l'aide à se tenir debout et même à glisser. Il lui parle doucement et Lulu semble un peu se dérider et vouloir être comme les autres. Il va presque y arriver.

C'est sans compter sur la mère de Lulu.

Elle a bien compris qu'elle n'a pas le droit d'entrer dans l'enceinte des piou deux fois, mais personne ne l'empêchera de lui parler à son Lulu et plus elle tente de lui parler plus ce morveux pleure en lui tendant les bras comme un qui se noit, en pleurant à froides larmes comme un qui voudrait que ce soit sa mère qui lui apprenne à faire du ski, en trépignant qu'il a froid comme un qui voudrait que sa tata dise à son papa qui dise à son tonton, qu'il dise sa maman qu'il voudrait bien aller manger une crêpe tout de suite et pas tout à l'heure après le cours et a-a-vé-ec- un-un-un-si-si-ro-rode-frai-se-se-ma-a-a-a-mie.

Moi j'vous le dis, il y a des coups de bâtons de ski  qui se perde

Aussi j'en veux un peu à celui qui a eu la drôle d'idée d'installer le jardin des piou deux fois, juste à côté de la terrasse.

Du coup on n'en prend pas un deuxième et on se tire travailler notre planté de bâton.

 

 

Publié dans histoires d'en rire

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Labaronne 05/03/2013 22:13

moi j'aime pas la montagne, ni l'été ni l'hiver, moi j'aime pas la neige, sauf à la télé, moi j'aime pas être habillée comme un bibendum, moi j'aime pas quand les gosses braillent, moi j'aime pas
la foule alors............ben ça risque pas d'arriver à moi tout ça !!! merci j'ai passé un excellent moment

chervalin 07/03/2013 09:40



Résidant dans une station de ski, la neige fait un peu partie de nos habitudes . comme d'autres ont la compagnie du sable. Je comprends que l'on aime pas trop. Nous aussi en début et en fin
d'hiver on fatigue de voir tout ce blanc.


D'ailleurs, la neige quand elle fond, le blanc il va où ?


Comme pour les stations balnéaires les périodes de vacances offrent l'occasion d'observer des situations et des gens pour le moins colorées.


Belle journée à toi La Baronne   



les cafards 05/03/2013 16:33

ça vaudrait même le coup de partir sans payer et de laisser l'addition à cette famille de branques !

Alba 05/03/2013 16:21

Dans "Les Bronzés", c' est monsieur Dusse: avec un D, comme Dusse...
A part ça tout est vrai, c'est comme si qu' on y était !!!

chervalin 05/03/2013 19:31



bon d'accord Dusse  C'est vieux, je ne me rappelle pas trop de tout


mais j'aimais bien gus