doux bail

Publié le par chervalin

-Un soir, je suis rentré, un peu lassé et j'ai fini par y croire: J'étais devenu fou.
Elles avaient réussi.
 
Il me regarde inquiet, Judes, cherchant dans mon attitude une moue lui indiquant qu'il devait se rassurer.
Je m'exécute car ce qu'il me raconte me crispe et j'ai un peu hâte qu'il s'en aille.
 
Il a bien dit elles au pluriel (car, on distinguait bien le s à la fin de son mot et le euèneté aussi.)
 
Judes est un papa séparé de son épouse et de son enfant.
Mais pas que.
 
Il est (enfin) séparé de sa belle-mère. Elle s'appelle ....... (non c'est trop long à écrire car c'est un prénom un tantinet slave) 
Appelons là Josette.
Josette est une très belle femme, veuve magnifique, qui selon Judes, s'est montrée aussi heureuse qu'il prenne la main ( et le complément ) de sa fille, que furieuse lorsqu'il lui a refusé de répondre à ses avances pourtant insistantes.
 
Josette possède une vaste villa où le tendre couple a élu domicile au rez de chaussée avec accès direct sur le parc et la piscine.
Que demander de plus pour débuter la vie conjugale et fonder royalement une famille.
Ce qu'ils font, sous l'oeil protecteur et affectueux de Josette.
Qui les aime tous les deux.
Surtout lui.
Elle s'accommoderait bien de cette vie où se fusionneraient tendrement  les générations, une forme de boîte échangiste restreinte à la vie familiale.
 
D'après Judes, dès leur arrivée à la villa, elle lui a fait comprendre que son corps serait sa propriété, puisqu'il allait vivre dans sa propriété et qu'il allait devoir rapidement céder aux désirs de la chair de sa très chère belle-maman.
Elle le désirait aussi fort que sa fille et s'il se refusait, elle lui en ferait baver.
Le problème de Judes est son âge, 28 ans. Il est équidistant de celui de son épouse et celui de sa belle-mère.  
 
Judes n'a rien dit à son épouse et n'a pas non plus cédé aux avances de sa belle-maman.
Erreur grave.
 
Alors qu'un bébé est déjà annoncé, Judes commence à essuyer les premières attaques de belle-maman qui ne lui adresse la parole que par l'intermédiaire de sa fille et de plus, uniquement sur un mode sarcastique, insinuant et dévalorisant.
 
Débordé par son travail exigeant et préoccupé par l'arrivée d'un nouveau né, Judes n'y prête guère attention, pense que cela ne durera pas et qu'il doit tenir au moins deux ans avant sa promotion d'adjoint de Direction  programmée dans cette ville extraordinaire qu'est DUBAI. 
Il en rêve chaque jour et parcours des heures entières les recoins de cette ville, sur google earth.
 
Josette est une tenace et l'arrivée du bébé va lui permettre d'écarter ce malotru qui a osé se refuser.
Car Josette commence à distiller dans l'esprit de sa fille que ce mari serait, non seulement volage, mais en plus, oserait  avoir eu les mains baladeuses sur elle. 
- Je l'ai giflé, tu t'en doutes. Mais il revient à la charge. Ma fille , je ne sais pas ce que tu as marié là, mais moi, à ta place... Enfin tu vois ce que je veux dire. Je crois qu'il n'est pas normal. C'est un menteur et un vicieux. Tu vas voir, il est capable de te dire que c'est moi qui lui fait des avances. Non mais tu imagines ... A mon âge..... Réfléchis ma fille... 
 
Son épouse a bien senti qu'il y avait des tensions et bien sûr, maintenant elle comprend pourquoi, il cherchait à tout prix à l'éloigner de sa mère et à refuser de partager les repas qu'elle leur proposait.
 
Évidemment, l'enfant est confié à Josette qui ne manque pas de critiquer la moindre erreur d'inattention ou oubli de Judes.
Pour elle, Judes est totalement inconscient de lui mettre deux chaussons dépareillés. Il se fiche de tout.
 
Le couple a une discussion sérieuse où bien évidemment est abordée la question des gestes déplacés de Judes. Judes s'en défend avec les arguments que nous connaissons.
 
- Et bien voilà, elle m'avait prévenu, ma mère et elle avait raison. Judes tu es un beau dégueulasse. Je crois que tu devais partir parce que le mensonge moi, je ne pourrais pas le supporter. Elle est déjà bien gentille d'avoir continué à t'héberger. Il faut que tu partes vite. Pour moi, c'est fini.    
 
Je sais, vous allez me dire que c'est sa parole contre celle de sa belle-mère et rien ne dit qu'il n'est pas un petit saligaud.
J'ai douté aussi (un peu)   même si j'ai pris un chouille partie.
 
Puis plusieurs mois plus tard, la vérité est arrivée par la fille de Josette qui nous déclare que sa mère avait trouvé un jeune gigolo pour orner agréablement ses nuits et qu'elle lui avait proposé avec insistance  de faire un tour au rez de chaussé pour agrémenter celles de sa fille esseulée.
En tenue d'Adam.
Soit pour demander un peignoir en sortant nu de la piscine, soit pour chercher des allumettes, soit pour s'occuper du petit.
 
En fait, sa mère avait inversé le processus sans cesser de promouvoir son rêve d'échanges générationnels. 
Sa fille a enfin compris et du coup, tout en quittant la villa maternelle, elle a cherché à retrouver Judes.
C'est pour cela qu'elle m'appelle, un peu gênée et peut être même désespérée.
 
Mais Judes était déjà parti très loin.
Il a tout lâché, même son enfant. Quant à le retrouver dans DUBAÏ  !!!   

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windows help online 22/01/2014 12:19

It was very interesting to read the article titled Sweet lease. The conversation that you have shared was pretty enjoyable to read and I could visualize the scene when I read it. I look forward into more such articles. Thanks a lot for the share.

Bé@ 29/03/2013 09:48

Ca me fait penser un peu au film "Le Lauréat" (The Graduate), pas toi ?

chervalin 30/03/2013 14:19



AAah la musique de Simon and Garfunkel....



les cafards 26/03/2013 17:39

une histoire dingue !

Corinne 26/03/2013 13:31

Incroyable comme la pervesion n'a pas de limite !

chervalin 26/03/2013 17:04



c'est vrai. Ce qui se passe dans la tête des gens est tellement varié que cela est sans fin.



Labaronne 25/03/2013 17:50

et dire que je pensais qu'on le voyait ça qu'à la télé ou dans les livres à deux balles !!!!

chervalin 26/03/2013 17:15



C'est marrant ce que tu dis, car quand je me suis relu, j'ai eu le sentiment de raconter un feuilleton américain avec belle villa, piscine, fric, grosses bagnoles, femmes mures bodyliftées
etc.... Le cadre était assez loin de tout ça, plutôt héritage bienvenu, qu'arrivisme rapide.


a tout de suite Baronne