Désapointement

Publié le par chervalin

-Ecoutez, Monsieur, c'est mon fils, il est gentil, il a beaucoup de qualités, il m'a fait de beaux petits-enfants,  il a un métier , des doigts en or, il gagne suffisemment d'argent, il est beau, fort et sportif, il a tout.......  mais il est con!!.......j'vois que ça !!!

 

Elle est dépitée cette dame, elle pleure pas, elle n'est pas triste, n'a pas plus de colère, le mot idéal serait désapointée.

 

C'est vrai cela peut arriver qu'un fils soit la fierté de sa maman et au détour d'un moment de son histoire, ait un comportement totalement inadéquat et socialement sanctionnable.

 

En fait son fils est pris dans une relation passionnelle et ce grand garçon se retrouve adolescent et incapable de prendre la décision de devenir adulte.

 

 Il est devenu dépendant, d'un contrat inconscient, celui  de soigner une épouse infidèle, volage, incapable de ne pas s'attacher ou répondre à la moindre oeillade enjoleuse de tout ce qui porte un chapeau.

 

Elle découche, se laisse séduire, se laisse envelopper par le moindre beau mâle qui la regarde.

 

En fait, ce qu'elle aime, ce qu'elle attend, ce qu'elle sait qui va arriver,  c'est que son mari vienne la reconquérir.

C'est un jeu.

C'est leur jeu.

Elle joue à faire semblant d'être enlevée et et elle attend de son chevalier servant qu'il accourt à son secours.

 

Ils savent tous les deux que l'amant est totalement instrumentalisé dans leur entente inconsciente.

Que son mari va la reprendre et même se montrer violent.

Elle aime le voir dans cette colère là, fracasser la tête ou la bagnole de son godelureau d'un soir,  puis la molester publiquement.

Elle redevient sa chose, sa femme, la mère de ses enfants, sa servante domestique.

 

Jusqu'à la prochaine fois.

 

Et puis, un soir, pas comme les autres, le jeu est troublé par la fragilité d'une rencontre différente.

Elle ose la provocation et se laisse séduire par une autre femme.

 

Il ne comprend pas et n'ose s'aventurer dans cet contrée du jeu. Si la règle n'est pas changée, l'enjeu lui, est différent.

Il est perdu, n'a pas de stratégie, ne peut concevoir de contre attaque.

 

Pire, elle lui échappe car il ne peut pas aller la reconquérir.

La reconquérir serait se positionner en femme rivale.

 

Elle s'attache, et n'attend plus rien de lui.

Il ne sait pas faire. Sinon stopper le jeu.

 

Il décide de se saborder.

 

Voilà pourquoi il est allé faire ce braquage.

 

 

 

 

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Bé@ 08/06/2011 08:49


Un grand merci pour cette explication du processus et pour votre encouragement moral. Je sais que même si je suis encore (quoique de loin) une cible ou une proie pour cet homme, mes enfants ont vu
que je me battais et ils entendent ma façon de voir la condition féminine. C'est déjà ça. Néanmoins, l'aîné a tendance à prendre les jeunes filles pour des objets sexuels et utilitaires que l'on
peut jetter après usage et mépriser; j'en discute parfois avec lui afin de lui présenter les choses sous un autre angle et lui montrer les bienfaits de tout échange moins superficiel.
Ceci étant, je me demande ce qui peut se passer dans le cerveau d'un ado qui reproduit inconsciemment le schéma d'un parent et entend, de l'autre parent, une sorte d'incitation à ne pas le faire.
Difficile d'avancer avec deux "capitaines" à bord de sa ligne de pensée...
Très bonne journée à vous (et encore merci de m'avoir lue ma longue prose).
Béatrix


Bé@ 07/06/2011 11:25


Est-ce bien elle qui dit qu'elle ressent les choses ainsi ? J'ai du mal à croire qu'une femme battue enfant puis battue adulte le supporte, même si une forme de déni peut aparaître. J'ai un fils
qui dit qu'il n'a même pas mal quand son père le bat et il trouve que c'est normal. La raison : le père l'en a persuadé et il s'en persuade lui-même car il ne peut s'échapper de son emprise. J'ai
eu moi-même tendance à minimiser la violence de cet homme sur moi, mais j'ai compris que je n'avais pas le choix, prise dans un filet qu'il avait construit en maille de culpabilité pour moi. Il
arrivait à me "prouver" que j'avais tort de défendre mon fils, que j'étais folle et que c'était à cause de moi qu'il le battait. Ce n'est que bien plus tard que j'ai compris comment il nous avait
manipulés. Et que j'ai compris qu'il reproduisait son passé. Il continuait encore avec ses fils il y a peu et l'aide éducateur qui intervenait en AEMO n'y a vu que du feu, même lorsque mon 2e fils
appelait au secours. Je ne peux pas laisser dire qu'une femme battue est maso. Certains ont pu le penser de moi mais ce n'est pas le cas, j'exècre la violence et je fais tout pour l'éviter. J'ai du
mal à comprendre que des éducateurs ou des soi-disants psychologues arrivent à se voiler la face et entrer dans les filets d'un homme extrêmement pervers. Mais c'est ainsi. Heureusement, mes
garçons sont de grands ados à présent. Je crains surtout qu'ils reproduisent le schéma paternel à l'avenir et ne sais quoi faire pour y remédier, à part leur montrer un autre exemple et essayer de
leur faire prendre conscience que le monde n'est pas noir. Si vous avez une idée, je suis preneuse. Merci d'avance et bonne journée.


chervalin 07/06/2011 19:39



Bonjour Bé@


Qu'est ce qui explique qu'une personne victime de grande maltraitance et d'acte de torture ou de barbarie comme le désigne le code pénal, puisse un jour reproduire le même schéma ?


C'est l'insensibilisation.


L'enfant ou la personne victime face à l'angoisse (de mort) se protège en se déconnectant de la réalité. Le cerveau adopte un comportement de survie et bloque les ressentis et les douleurs.
Celles ci ne parviennent plus à la compréhension et s'indifèrent ainsi de ce qui se déroule sur le corps.


C'est pratique car effectivement il ne s'agit pas d'habitude à recevoir des attaques  mais de commande à ne plus les ressentir.


Hélas si on ne ressent plus l'attaque on ne perçoit pas non plus ce que l'autre peut ressentir.


Je ne lui fais pas mal car je ne ressens pas ce qu'il pourrait ressentir.


J'ai été brulée par ma mère avec une cigarette mais je ne sais plus ce que cela me fait.


Je garde la cicatrice mais pas l'idée, le ressenti et le sentiment de ce qui a organisé la cicatrice . Il ne m'est pas possible de trouver ce que cela fait car mon cerveau ne l'a pas
enregistré.


Donc je ne suis pas émue ou sensible à ce que je provoque en réitérant le geste de ma mère car je n'ai plus l'empreinte mnésique sensorielle de ce que je provoque.


Alors pourquoi je le provoque ?


Pourquoi je choisis ce type, ce même type de violence et pas un autre ?


Parce que mon cerveau souhaite re-mentaliser et enregistrer la scène traumatique.


En fait l'enfant ou la personne  qui fait l'objet de l'attaque est un autre moi-même  et je tente de provoquer un codage émotionnel afin que mon cerveau l'enregistre et que je
puisse enfin me débarrasser de ce trauma.


Je ne pense pas que cela marche.


 


Concernant vos ados, je ne souhaite pas me positionner en donneur de recettes.


Ce que je peux dire c'est que je considère fondamental le fait de se positionner comme une mère qui se bat pour que les femmes soient respectées et qui leur montre qu'une femme n'est pas un objet
ou un être que l'on pôssède.  Vos ados se posent autant d'interrogations sur "qu'est ce et comment  être un homme" que sur "qu'est ce et comment aborder une femme"


Il s'agit de l'accès à l'altérité et au respect de la pensée de l'autre.


Les hommes qui attaquent le corps et l'existence d'une proie qu'ils tiennent  dans leurs rais dans un système familial maltraitant ou inadapté n'imaginnent pas que cette proie ait
une pensée autonome ou différente de la leur.


Vous avez réussi à partir et à sortir de la cible. C'est cela qui est important pour leur avenir.


Vous leur avez montré que l'on pouvait exister et produire du bonheur en dehors d'un système inclusif.


C'est déjà énorme.


 



Bé@ 24/05/2011 09:55


On peut analyser différemment : elle ne supporte plus cet homme depuis longtemps et se sent libre d'aller voir ailleurs. Irréfléchie, elle ne vit que pour l'instant présent et se moque bien de ce
qu'il adviendra. Elle l'a peut-ête épousé sur un coup de tête. Ou pour la position qu'il a, pour son argent. Lorsqu'il la bat, elle supporte mais se dit que puisque c'est comme ça, elle
recommencera. Jusqu'au jour où elle tombe vraiment amoureuse. D'une femme. L'inverse de son époux. Son mari ne peut rivaliser avec la douceur alors il se sent perdu.
Ca se tient aussi, non ?


chervalin 06/06/2011 23:10



Oui ce serait possible,


Mais ce n'est pas ce qu'elle m'a dit. En fait, elle n'est guère restée longtemps avec cette femme. Comme les autres conquêtes, elle était instrumentalisée.


Mais cette "expérience" l'a toutefois déstabilisée et comme son mari elle était comme hébétée par la situation et n'avait pas envisagé la façon dont son époux viendrait de nouveau l'enlever.


Par ailleurs, les coups ne forment pas un obstacle ou un évitement pour cette femme.


On peut supposer qu'elle a été maltraitée dans son enfance et s'est progressivement insensibilisée aux volées de bois verts.


Ce qui l'anime c'est le jeu de la soumission face à l'imposante et spectaculaire colère mais aussi qu'elle se lovera dans ses bras peu après.


Les psychologues diraient peut être qu'elle est masochiste. 



labaronne 25/03/2011 22:46


le plus terrible pour une mère reconnaitre que son fils est un con et je sais de quoi je parle, pourtant c'est mon sang, mais c'est ainsi......