comme un rêve

Publié le par chervalin

 

Je fais parfois des rêves étranges. Voilà que l'un d'eux me réveille tôt ce matin.

D'où ce petit billet.

De ces rêves où l'on se prend à être un brin mégalo ou tout puissant. 

Beau aussi. (y a pas de raison de se gêner)

Pour le coup, il faut bien dire que ce rêve là m'arrangeait et bien sûr je n'étais pas loin, tout prêt d'être le bon dieu, voire au mieux un saint.

Allez, un ange et n'en parlons plus.

Tiens, moi si j'étais dans mon rêve, je m'aimerais.

Ce con.

Con de rêve qui vient réparer ce que la rigidité et l'obscurantisme de certaines décisions vient de détruire.

Cela s'est passé hier en entretien.

Un  entretien de routine, je connais bien le gars et je l'apprécie. Il s'appelle Gilles. Il y a maintenant 18 mois il est sortit de prison pour trafic de stupéfiants. Affaire payée et donc classée. 

Mais qui dit trafic, dit relations et qui dit relations dit aussi bien souvent dettes à payer. Des trucs pas clairs qui n'ont pas été soldés. La prison sanctionne les faits, elle ne calme pas forcément les créditeurs qui se pointent un sale jour devant votre porte et vous témoignent leur attachement.

-Soldons mec, que faut-il faire ?

Rien moins qu' aider l'autre à récupéré son dû auprès d'un autre "autre" en l'aidant à repérer les heures où ce dernier arrivait à son domicile.

-ben voyons. Si il n'y a que ça et que je suis quitte. Cochon qui s'en dédit

Ainsi fut fait.

Et le voilà, alors qu'il n'a participé qu'à faire l'indicateur, de nouveau poursuivi pour tentative et pour complicité de vol avec violence.

Vous allez me dire que c'est bien fait pour sa pomme. Il ne s'est rien passé puisqu'il s'agit d'une tentative. Il ne risque pas grand chose et s'il n'y avait pas eu une caméra de surveillance le filmant en compagnie de son créditeur.... mais bon c'est la vie.

Il est quand même mis en examen pour complicité et placé sous contrôle judiciaire.

Et je découvre et accompagne Gilles depuis tout ce paquet de temps déjà. Non seulement je le trouve sympa mais en plus, il fait tout pour réussir à s'en sortir. Il bosse, gagne bien sa vie, et s'est engagé non pas dans l'humanitaire et l'aide mais dans l'éducation et la formation de guides touristiques dans les pays africain de l'ouest au Mali ou au Burkina-Faso.

C'est chez les Dogons.

Il forme des guides pour mettre en place des circuits de tourisme intelligent. respectueux de la culture, de la vie locale et dans le même temps de l'environnement.

Les Dogons vivent du tourisme.

Il abat un travail colossal, bénévolement. Il participe à  des programmes de formation et à la protection de peuples fragilisés. 

Et puis un jour, il a l'occasion d'y retourner chez les Dogons. Six mois en plus.

Le problème c'est qu'il n'a pas le droit actuellement de sortir du territoire. Il faut demander au Juge.

Il vient de recevoir la réponse, une semaine avant de partir.

C'est non.

Un non, comme ça. Sec. Pour le mâter.

Son courrier précisant sa démarche était au poil, les dates, le lieu, la politesse et l'humilité, les garanties de représentation, le tout poussé par son avocat et appuyé par un rapport élogieux de son contrôleur judiciaire.

Tout y était.

Le juge avait changé en cours d'année.

Remplacé par un béotien fraîchement issu de l'école de magistrature.

Un jeunot peu amène et décidé à se faire une place dans le sérail.

D'où mon rêve.

Où je rentrais dans son bureau en pétard, en lui volant dessus et en le sommant d'arrêter de jouer avec la vie des gens. De les faire chier pour la préservation de son égo démesurée, de croire qu'on applique le droit alors qu'on détruit des gens, de participer à la déshumanisation de la justice alors que de nombreux juges luttent pour une justice juste, de .....

Et j'en passe.

Mon problème c'est qu'il m'écoutait, se recroquevillait, se glissait sous sa chaise et commençait à trembler, tellement mon courroux et ma véhémence l'impressionnait. Puis, je le rassurais magnanime et bon prince, je l'informais sur la vie, la raison, l'éveil au mouvement et à la perspective, sur la systémie du monde social et l'architecture des relations humaines. Il pliait, s'excusait et promettait. D'autres juges arrivaient, pour m'écouter et s'installer sur les nombreuses chaises destinées aux justiciables et aux avocats. On me priait de parler plus fort, que ceux du fond n'entendaient pas...., 

Et puis je me suis réveillé.

C'est con hein?

 

Publié dans traversées

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Labaronne 27/06/2013 06:30

il n'y a pas que la musique qui tient aux tripes.....Dieu si on pouvait, remettre les pendules à l'heure, les incompétents à leur place, si...si......(pour la musique j'ai d'autres trucs à te
suggérer - je découvre avec un fou de blues, je te ferai une petite liste)

chervalin 27/06/2013 14:02



ok envoie et merci d'avance



Labaronne 22/06/2013 20:33

je reviens plus tard pour te lire, parce que la musique que tu as choisie, je la connais, est bouleversante, remuante jusqu'aux tripes, alors je l'écoute, après je coupe le son et je te
lis.........

chervalin 22/06/2013 20:43



c'est sur c'est toi qui me la fait découvrir. Je suis devenu accro de ce duo exceptionnel


encore merci pour ce cadeau



Pastelle 22/06/2013 09:22

Oui, c'est bien dommage... On ne peut pas au moins aller parler au juge ?