le murmure

Publié le par chervalin

Emporter loin tout ce que j'entends.

Le disperser dans un nuage de mots qui s'envolerait vers un désert. Un lieu où la souffrance pourrait se dissoudre en autant de grain de sable.

Et revenir.

On pense avoir beaucoup entendu et être blasé et les murs de cette prison refaite à neuf, semblent ne pas vouloir accepter les mots lorsqu'ils sont ancré dans l'épouvante.

Ils ne suintent pas, ils renvoient.

Et en face c'est moi qui reçoit.

Ce que raconte ce pervers est aux limites de la narration.

Parfois, il en pleure, je reste de marbre ne sachant pas très bien si ces larmes sont de rire de circonstance ou s'il craque, comme il dit.

Il y avait ce jeu et cet accord convenu et lascivement accepté de prendre un plaisir sexuel dans un scénario tendu et tellement captivant qu'il était difficile de résister.

D'accord, cela les regarde et pourquoi pas libertiner comme ils veulent, inviter et échanger, découvrir de inattendu, franchir les frontières du plaisir, les froufrous du dieu sexe.

C'est quand il a commencé à se servir des enfants encore très jeunes, suçotant encore leur pouce et les inviter à offrir leurs tendres chairs aux morsures des ébats adultes.

Sans les forcer et c'est là le comble, pour des raisons thérapeutiques.

Il prodiguait un soin et son talent réside dans sa façon de convaincre les partenaires, crétins naïfs et bécasses tordues, avides de sensations nouvelles et d'aventures interdites qu'ils étaient les soignants de ces enfants malades du manque de sexe.

Ce n'étaient pas uniquement pour se faire plaisir, pour faire plaisir aux petites filles, que ces quatre adultes s'adonnaient à leurs bas instincts, à leur inventions, à leurs tortures, déchiquetant et broyant les chairs tendres, c'était pour satisfaire leur manque.

Alors, allons-y, puisqu'elles sont malades, donnons leur leur remèdes, c'est pour leur bien qu'on se donne du mal.

- allez les filles, c'est l'heure du médicament

Elles avaient 4 et 5 ans.

C'est ce que me renvoient les murs.

Les mots rebondissent ces cons, et trouvent sans mal mes oreilles qui semblent se rétracter et plier sous le feu de l'inaudible.

Et l'autre en face, qui me parle de manipulation de son épouse, de sa malignité, de ses calculs, de ses étranges désirs, qui condescend à accepter que les invités étaient des saligauds et des malintentionnés, car quand même, c'était pas leurs enfants. Nous c'est pas pareil, on les nourris et on leur donne de l'affection.

Qui me précise qu'heureusement, les relations étaient tarifées, car, vous comprenez, il faut sélectionner et l'argent nous indique que les gens sont sérieux et que l'on ne va pas s'attacher.

Je voudrais être loin, que les notes que je prends, s'enflamment et disparaissent, mais les murs sont tenaces et ne veulent rien garder.

C'est ça les prisons modernes..

L'entretien est fini.

- Cela m'a fait du bien de vous parler me dit-il, vous savez, la vie .......

- Ta gueule !!

Publié dans traversées

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président asso 05/11/2013 01:08

Je suis président d'une association laquelle, entre autres missions, exécute des enquêtes de personnalité. Je connais les difficultés que rencontrent les enquéteurs dans l'exercice des missions qui leurs sont confiées et, le CA de l'association et la direction ont cherché les moyens permettant d'alléger le fardeau mental que doit supporter l'enquêteur.
Plusieurs pistes ont été exploitées :
- allongement de la période des congés annuels,
- journées de sensibilisation animées par un psychologue,
- saisine possible de ce psychologue par le salarié (en toute discretion) en vue d'une ou plusieurs consultations, ou saisine de tout autre psychologue du choix du salarié. L'association ne connaissant l'existence de ces consultations que par la présentation de la note d'honnoraires qui ne mentionne pas le nom du salarié mais comporte uniquement la certification que les honnoraires demandés se rapportent à une ou plusieurs consultations données à l'un des salarirés. Bien entendu le travail du psychologue reste confidentiel entre lui et le salarié.
- en concertation avec le salarié, recherche de diversification de ses missions. L'association pratique également le contrôle judiciaire, de l'aide aux victimes, organise des stages à destination des auteurs de délits routiers ou de délits portant sur l'usage des stupéfiants, procède à des auditions civiles de mineurs et j'allais oublier les enquêtes rapides bien moins lourdes pour ce qui concerne l'implication de l'enquêteur. Ces activités variées peuvent permettre de donner un nouveau souffle au salarié.
Il ne reste pas moins qu'un salarié a souhaité donner un jour sa démission parce qu'il trouvait le métier trop lourd. La direction a mis en place à son profit un plan de formation qui lui a permis d'exercer une autre activité.
je vous souhaite bon courage pour la poursuite de vos activités.

je ne me suis pas nommé, vous pourriez être salarié de l'asso que je préside et ne pas souhaiter être identifié. Je vous communique pourtant mon adresse mail : philbruere@gmail.com pour vous laisser toute liberté de me joindre si vous le désirez.

chervalin 09/11/2013 09:37

Bonjour.
Ce n'est pas le métier qui est pesant mais l'environnement et le glissement inéluctable vers une rationalisation économique aux fins de maintenir la viabilité d'une association. Les buts initiaux de l'association sont instrumentalisés pour permettre aux membres du CA de continuer à paraître dans les couloirs du pouvoir local.
L'autonomie, la capacité d'improvisation et d'initiative, l'écoute et l'empathie, l'aide et l'accompagnement, la recherche des liens historiques avec le passage à l'acte ou la situation conflictuelle doivent maintenant s'effacer derrière le nombre de pages dactylographiées, le minutage des entretiens et le bilan annuel présenté à l' AG.
Il eût été une époque où les membres de l'association "prenaient leur bâton de pèlerin" pour solliciter des financements, tout en sollicitant les employés pour trouver de nouvelles pistes, de nouvelles missions. Ce temps est passé me dit-on et il faut maintenir en l'état ce qui est.
Je ne veux plus participer à cette entreprise comptable.
Comme je vous ai répondu en privé, je deviens aigri et je ne souhaite pas faire peser cette mélancolie aux personnes que je suis en charge de guider ou d'enquêter. Je sors du champ associatif et je continuerais une partie en libéral.
Je ne connais pas votre association, mais je distingue que vous êtes à l'unisson de vos salariés.
Merci pour votre intervention.

Bea007 02/11/2013 15:29

Envie de vomir. Tu fais un métier difficile. J'espère qu'écrire ces choses indicibles te permet de penser ensuite à autre chose.

les cafards 21/10/2013 15:56

terrifiant ! On a envie de se boucher les oreilles

Pastelle 23/10/2013 10:16

En tout cas j'adore te lire, tu as du talent pour raconter. Je serai heureuse d'acheter ton premier livre, roman ou nouvelles, j'aime les deux.

chervalin 23/10/2013 08:51

pourquoi pas écrire un roman ou des nouvelles. J'ai déjà commencé pour voir et je suis tenté de continuer.

Pastelle 21/10/2013 20:10

Et tu as envie de faire quoi, après ?

chervalin 21/10/2013 19:40

Ah... toi aussi

Pastelle 18/10/2013 12:11

Je me demande combien on peut engranger d'horreurs, par les oreilles comme toi, ou par les yeux comme les photographes de guerre entre autres, sans craquer. En tout cas on n'en sort pas indemne, c'est sûr... Je t'admire, vraiment.

chervalin 21/10/2013 19:45

Je crois que je vais bientôt arrêter. S'il n'y avait pas ce blog et vos retours, je crois que j'aurais déjà craqué.Il y a quelques années j'avais fait une formation avec Miki Pistorius une profileuse sud africaine. Elle nous expliquait qu'il fallait saisir à temps le moment où la souffrance prendrait le pas sur l'écoute.
Je crois que ce moment est arrivé.